Les syndicats groupés pour défendre le régime minier

Publié le 16/02/2010
Pour contrer les « attaques » du gouvernement, FO, la CFDT, la CFTC et la CFE/CGC avancent groupés. Les 4 fédérations de mineurs exigent des réponses sur la gratuité des soins, les retraites minières et le personnel
Les syndicats groupés pour défendre le régime minier
Les syndicats groupés pour défendre le régime minier
Pour contrer les « attaques » du gouvernement, FO, la CFDT, la CFTC et la CFE/CGC avancent groupés. Les 4 fédérations de mineurs exigent des réponses sur la gratuité des soins, les retraites minières et le personnel

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 16 Février 2010 / FOR /

 

Hier, à l'hôtel moderne à Freyming-Merlebach, les quatre fédérations se sont mises d'accord pour dénoncer les pratiques du gouvernement. Photo Jean-Marie Guzik.

Solidaires et incisifs. C'est sur ces valeurs que FO, la CFDT, la CFTC et la CFE/CGC comptent contrecarrer les « coups bas et la surdité » du gouvernement. Les quatre fédérations de mineurs ont donc organisé un point presse, hier, à Freyming-Merlebach, dans la continuité de la réunion interfédérale au niveau national qui s'est tenue la semaine dernière.

« Nous sommes bien décidés à nous faire entendre », assure Guy Kuhnen, porte-parole de l'interfédérale. Le mécontentement des mineurs se focalise sur trois points.

Gratuité des soins

Le 31 décembre 2009, le gouvernement a pondu un décret supprimant l'article 2/2 b. « Cela signifie la remise en cause de la gratuité des soins, puisque des frais de transport pour se rendre chez le médecin, le kiné ou au labo ne seront plus pris en charge », précise le secrétaire général du syndicat national CFDT des mineurs et du personnel du régime minier. « C'est bien plus grave encore que d'attaquer les mineurs dans leurs droits. On les attaque dans leur santé. C'est inadmissible de s'en prendre aux derniers mineurs, ceux même qui ont le plus besoin de soins, quand on sait tout ce que la corporation a apporté à la France », condamne Jean-Pierre Damm, secrétaire générale de la fédération des mineurs FO.

« Il faut savoir que la moyenne d'âge des affiliés dépasse les 70 ans, avec des personnes qui ont des handicaps, qui sont victimes de maladies professionnelles ou d'accidents du travail. »

Pour Bernard Merten, président de la fédération CMTE de la CFTC, « cette mesure aura aussi une incidence sur l'emploi, notamment pour les ambulanciers. On envisage une baisse d'activités de 30 %. »

Retraites minières

Deuxième point de tension avec le gouvernement : la revalorisation des retraites minières pour les mineurs ayant liquidé leurs pensions avant 1987. « Depuis plusieurs mois, des négociations sont en cours, mais là nous sommes au point mort », assure Guy Kuhnen. « Et pour l'heure la seule proposition qui nous a été faite, c'est qu'en contre-partie des revalorisations des retraites, on vende nos centres de vacances. Cela revient à ce que nous payons nous-mêmes. Si nous ne sommes pas opposés à discuter d'une politique de vacances cohérentes pour nos affiliés, on refuse d'avoir le couteau sous la gorge. »

Surtout que pour Francis Cayen, secrétaire général de la fédération CFE/CGC, « il ne s'agit pas à proprement parlé d'une revalorisation mais d'un rattrapage dont les anciens n'ont pas bénéficié ».

Le personnel

Dernier objet de différends avec le gouvernement, le cas des personnels des caisses régionales minières. « Il est prévu que les établissements intègrent des associations existantes ou à créer. A cet effet, un accord-cadre a été signé avec la Caisse autonome nationale pour la mise à disposition du personnel, de façon à ce qu'il soit assuré du maintien de ses droits et de ses acquis, jusqu'au départ en retraite. »

Mais, malgré l'accord signé entre la CAN et les syndicats, « le gouvernement traîne. On nous répond que la prise en charge des salaires et des avantages en nature remettrait en cause la viabilité des associations. »

Et depuis, c'est lettre morte del part des tutelles.

Les actions

La suppression de l'article 2/2 b a mis le feu aux poudres. Plusieurs manifestations se sont déroulées en janvier. « Nous allons également interpeller tous nos élus locaux, ainsi que nos ministères de tutelle, les préfets et les parlementaires des bassins miniers. »

Une action d'envergure est programmée pour le 17 mars, à l'occasion d'un conseil d'administration de la CAN. « Nous allons organiser un rassemblement des affiliés à Paris pour nous faire entendre. Nous en avons marre. Nous nous sommes associés pleinement aux démarches d'amélioration de l'offre de soins pour les mineurs, mais aussi pour l'ensemble de la population. Aujourd'hui, c'est la tutelle qui ne tient pas ses engagements. Il y a un vrai manque de respect. »

B.B.