Les syndicats restent vigilants

Publié le 13/01/2010
Visite inattendue du président de la République, projet Ulcos, avenir de la filière liquide... Michel Liebgott, le député de la 10e circonscription, a rencontré lundi en mairie de Fameck les représentants syndicaux d'ArcelorMittal.
Les syndicats restent vigilants
Les syndicats restent vigilants
Visite inattendue du président de la République, projet Ulcos, avenir de la filière liquide... Michel Liebgott, le député de la 10e circonscription, a rencontré lundi en mairie de Fameck les représentants syndicaux d'ArcelorMittal.
Nous devons nous préparer aux rendez-vous qui nous attendent », lance en début de séance Michel Liebgott. Le député de la 10e circonscription a rencontré, lundi en mairie de Fameck, les délégués syndicaux CFDT, CGT, FO, CFTC et CFE-CGC. Une rencontre bi-annuelle avec les représentants du personnel d’ArcelorMittal pour faire un point sur la situation actuelle. Au cœur du débat, beaucoup d’inquiétudes et de préoccupations mais tous affichent la même volonté : vigilance et défense des emplois. Le député a fait le point avec les syndicalistes sur les différents dossiers, dont la visite surprise de Nicolas Sarkozy à Gandrange.

Patural à Hayange. «L’usine ne peut fonctionner avec un seul haut-fourneau. Elle est dimensionnée pour deux. Ça n’a pas de sens ! », dénonce Xavier Le Coq, représentant syndical national de la CFE-CGC. Actuellement, le P6 «marche à fond la caisse. Mais c’est pas bon ! Il faudrait qu’il fonctionne à 90 %, pas plus », ne décolère pas Michel Clément, délégué syndical CGT. Le redémarrage du P3 est annoncé pour mi-février, même si les syndicats n’y croient pas trop. Les deux hauts-fourneaux produiront de la fonte conjointement durant trois semaines, «le temps que le P3 reprenne une allure », continue Michel Clément. Le P6 sera ensuite arrêté pour des travaux d’entretien.
Yves Fabbri, secrétaire général CGT, a souligné également certaines difficultés d’approvisionnement en matières premières sur le train froid de Florange.
Gandrange. Alors que des projets sont prévus pour le foncier de Micheville et Illange, Michel Liebgott et les syndicats s’inquiètent pour Gandrange. «Rien n’est prévu, à part le démantèlement », note Didier Zint, secrétaire général CFDT. Le député a évoqué la signature de la convention avec ArcelorMittal, le 7 janvier, lors de la visite de Michel Mercier, le ministre de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire (lire RL du 8 janvier) dans le Pays-Haut. Ce document concerne 400 ha environ entre Audun et le Luxembourg, des emprises à Illange et Gandrange, ainsi que 300 ha de friches de Micheville. «Pour l’instant, il ne s’agit que d’une discussion entre l’État et Arcelor. On aura le résultat dans huit mois. La question est de savoir combien la sidérurgie va vendre ces terrains ? », souligne Michel Liebgott, ajoutant qu’il n’avait pas encore reçu la convention.
Ulcos - filière liquide. «Ulcos est un projet fondamental », insiste Michel Liebgott. «Mais il ne doit pas remplacer la filière liquide », prévient Jean-François Marchal, secrétaire adjoint CGT de Florange. L’élu a rassuré les syndicalistes : «Ça avance sérieusement. On y travaille et Arcelor aussi ». Il projette de réunir le groupe de travail sidérurgie de l’Assemblée nationale et les fédérations nationales. «Mais après les élections régionales ! » Le projet sera validé ou non par l’Europe au 2e semestre 2011. Didier Zint regrette le manque d’informations autour de ce dossier. Jean-François Marchal, quant à lui, a insisté sur le problème de l’enfouissement du CO2.
Compétences, formation et embauches. «Il y a un an, on ne savait pas comment on allait passer l’année. Maintenant, on se demande comment tenir avec les effectifs actuels », souligne Michel Liebgott. Le groupe a évoqué la construction du futur centre de formation aux métiers de l’acier en Lorraine de Yutz (lire RL du 6 janvier). «Il faut former les jeunes avant que les anciens ne s’en aillent », martèle Xavier Le Coq. Au même chapitre, la CGT et la CFDT réaffichent leur volonté de négocier les salaires. Jean-François Marchal insiste aussi sur les départs en retraite, notamment par rapport à la reconnaissance de la pénibilité du travail.
Délocalisation. Les syndicalistes n’ont pas manqué de dénoncer la délocalisation de la plate-forme comptabilité en Pologne et en Inde. «Il ne faut pas banaliser cela, car ça serait la porte ouverte à tout. Ce projet doit être gelé ! », ne décolère pas Yves Fabbri.

 

Publié le 13/01/2010 - Thionville