Liquidation judiciaire mais l'activité se poursuit

Publié le 10/02/2011
Installée sur l'Europôle d'Hambach, la société Hollmann, spécialisée dans la reliure et le brochage de catalogues, a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de Sarreguemines. Elle a trois mois pour trouver un repreneur.
Liquidation judiciaire mais l'activité se poursuit
Liquidation judiciaire mais l'activité se poursuit
Installée sur l'Europôle d'Hambach, la société Hollmann, spécialisée dans la reliure et le brochage de catalogues, a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de Sarreguemines. Elle a trois mois pour trouver un repreneur.

Le Républicain Lorrain, Jeudi le 10 Février 2011 / FOR
 

 

La société Hollmann, située sur l'Europôle, est placée en liquidation judiciaire, alors qu'elle tourne actuellement à plein régime. Elle poursuivra son activité pendant trois mois. Photo Thierry NICOLAS

la décision était attendue la semaine passée, elle est finalement intervenue mardi, alors même que la magistrature était en grève. La chambre commerciale du tribunal de grande instance de Sarreguemines n'avait retenu que ce dossier et a tranché : la société Hollmann a été placée en liquidation judiciaire secondaire.

Les effets de cette décision sont toutefois suspendus pour une durée de trois mois (renouvelable), pour permettre la poursuite de l'activité. Ceci en vue, sans nul doute, d'une reprise de l'entreprise, car il semble que d'ores et déjà, plusieurs candidats se sont fait connaître.

Hollmann est la première entreprise à s'être installée sur l'Europôle d'Hambach. Elle a en effet démarré en 1993 son activité de brochage et reliure de catalogues et brochures. elle emploie actuellement 130 salariés, mais fait régulièrement appel à des saisonniers. La première année d'exercice, ils représentaient, en été, jusqu'à quatre fois l'effectif de base de la société soit 240 personnes.

Garanties sur les salaires

Depuis le mois dernier, Hollmann se savait menacée. Elle est une filiale du groupe allemand Schlott, l'un des leaders de l'imprimerie, en proie à de graves difficultés financières dues à une baisse d'activité et donc du chiffre d'affaires.

Le groupe avait demandé de nouveaux crédits à la mi-janvier, mais ceux-ci avaient été refusés par les créanciers, entraînant la mise en cessation de paiement de plus d'une dizaine de ses unités en Allemagne. puis en France.

Paradoxalement, l'entité hambachoise fonctionne à plein régime. Les carnets de commande sont pleins et les six lignes tournent.

Les fournisseurs commencent toutefois à s'inquiéter, mais eux continuent à être payés, ce qui n'est pas le cas des salariés, qui attendent toujours leur salaire de janvier... « La société a l'air d'avoir profité du système français », explique Didier Getrey, secrétaire général CFDT.

« Le dossier aurait pu être étudié la semaine dernière, mais le mémoire a été déposé trop tard. »

Trois mois pour se remarier

Toutefois, le problème devrait être réglé avec cette décision de justice, puisque l'AGS (Association pour la Gestion du régime de garantie des créances des Salariés) devrait prendre le relais. Mais il faudra sans doute attendre une quinzaine de jours. « Nous resterons vigilants pour la paie de février. », confie le syndicaliste.

Mardi, au tribunal, deux représentants des salariés accompagnaient le directeur du site, M. Klein, qui s'est refusé à tout commentaire, renvoyant vers les chargés de comm'du groupe allemand Schlott. Auprès de qui il n'est pas plus aisé d'obtenir la moindre information... L'avocat d'Hollmann n'est pas beaucoup plus loquace, évoquant une obscure « procédure européenne » et lâchant aux trois représentants et aux deux autres salariés qui attendaient dans la salle des pas perdus qu'il faut « garder la mariée belle ». Dans le cas d'Hollmann, il s'agirait plutôt d'une divorcée d'un groupe polygame qui a été contrainte d'abandonner une à une ses partenaires...Mais la belle a des atouts et ne souhaite pas refroidir ses prétendants.

La prochaine audience est prévue le 3 mai.

Michel LEVILLAIN.