Mittal invente pour Madrid« la fermeture indéfinie »

Publié le 25/01/2012
ArcelorMittal a confirmé, hier, lors du comité d'entreprise européen à Luxembourg, l'arrêt de la production de l'aciérie de Madrid pour une durée indéterminée.
Mittal invente pour Madrid« la fermeture indéfinie »
Mittal invente pour Madrid« la fermeture indéfinie »
ArcelorMittal a confirmé, hier, lors du comité d'entreprise européen à Luxembourg, l'arrêt de la production de l'aciérie de Madrid pour une durée indéterminée.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 25 Janvier 2012 / Région /

 

 
La direction d'ArcelorMittal a confirmé, hier à Luxembourg, lors du comité restreint du CE, l'arrêt de l'aciérie de Madrid (Lire RL du 23 janvier). Une décision qui s'inscrit dans le projet de réorganisation des aciers longs carbone Europe. Selon Edouard Martin, de la CFDT, « Mittal a inventé le concept de fermeture indéfinie, pour une durée indéterminée ».

De fait, l'aciérie, qui emploie 332 salariés et qui travaillait à 50 % de sa capacité, va arrêter sa production et ne maintiendra qu'une centaine de personnes sur le site de Villaverde, les autres étant reclassés sur d'autres usines en Espagne. Mais cette annonce, selon les syndicats, pourrait en préfigurer d'autres sur le continent. Notamment au Luxembourg, où les sites de Schifflange et de Rodange, actuellement à l'arrêt, sont menacés. Des usines du Grand-Duché où ont été reclassés plus d'une centaine de salariés de l'ancienne aciérie de Gandrange. « Pour eux, ce serait la double peine », estime l'élu de la CFDT. « La direction met comme toujours en avant les surcapacités des produits longs, dans les aciers de commodité, comme les ronds à béton ou les poutrelles, dans un marché de la construction en chute libre, notamment en Espagne », explique Henri Botella de la CFE/CGC. « Un marché qui n'aurait aucune perspective et ne retrouverait son niveau de 2008 qu'à l'horizon 2016 », ajoute l'élu de la CFE/CGC.

Restructurations

Ce qui laisse les syndicats très perplexes. « On n'a aucune visibilité sur les mois qui viennent, mais on nous parle déjà d'une reprise... pour 2016 ! », persifle Edouard Martin. La direction d'ArcelorMittal compte informer les représentants du personnel sur le sort des sites luxembourgeois au mois de mars. Une communication est également envisagée sur le plan social de Liège, où les hauts fourneaux ont été définitivement arrêtés. « Mittal veut dégager d'ici la fin 2012 un gain de 1,5 milliard de dollars de son résultat brut d'exploitation. Et ça passera par des économies et des restructurations », s'inquiète Jacques Laplanche, de la CGT. Il évoque même la perspective de la fermeture d'un site de produits longs en Pologne, qui pourrait toucher 1 400 salariés. Selon les syndicats, ce sont essentiellement des aciéries fabriquant des produits bas de gamme qui sont menacées.

En revanche, les sites de long carbone Europe, qui sortent des produits de niche et du haut de gamme comme Duisbourg en Allemagne, Belval au Luxembourg et Gandrange en Lorraine avec son LCB, sont totalement épargnés.

B. K.