Mittal veut fermer son aciérie de Madrid

Publié le 23/01/2012
Madrid et ses produits longs vont fermer. La CFDT craint que le site de Schifflange, au Luxembourg, ne subisse le même sort d'ici quelques mois.
Mittal veut fermer son aciérie de Madrid
Mittal veut fermer son aciérie de Madrid
Madrid et ses produits longs vont fermer. La CFDT craint que le site de Schifflange, au Luxembourg, ne subisse le même sort d'ici quelques mois.

© Le Républicain Lorrain, Lundi le 23 Janvier 2012 / Région /

 

 

Edouard Martin :« La fermeture de Schifflange pourrait bien être la prochaine annonce de Mittal. » Photo archives RL/Pierre HECKLER

A qui le tour ? ArcelorMittal, qui ne cesse de répéter que le groupe navigue à vue, n'aurait-il pas, au contraire, un plan de bataille parfaitement orchestré, qu'il se garderait bien de révéler ?

Après la mise à l'arrêt « provisoire » de dix unités en Europe, pourrait bien venir le temps des fermetures, annoncées les unes derrière les autres afin d'atténuer les réactions.

« Vendredi soir, révèle Edouard Martin, représentant la CFDT, nous apprenions notre convocation à un comité d'entreprise européen extraordinaire, pour mardi après-midi. A l'ordre du jour : la fermeture de l'aciérie de Madrid. » L'aciérie espagnole est spécialisée dans les produits longs pour la construction et emploie quatre cents personnes. « Au sein du groupe, on ne cache pas que le marché de la construction ne reviendra probablement pas à niveau avant 2018, détaille le syndicaliste. Mittal ne gardera pas ses usines sous cocon pendant sept-huit ans. Même si le groupe se porte très bien ».

Et de l'Espagne au Luxembourg, il n'y a qu'un tout petit pas. « Madrid est probablement le départ d'une grande restructuration des produits longs. Schifflange pourrait bien être la prochaine annonce. » D'autant que la cellule de reclassement, qui prend en charge 80 % des salaires, ne sera pas reconduite au-delà du 31 mars.

Ne pas démanteler les usines

« Mittal isole les annonces, faisant croire à une adaptation conjoncturelle, alors que c'est une stratégie. Et pendant ce temps, l'Europe reste spectatrice. » 154 000 personnes travaillent pourtant pour le géant de l'acier sur le Vieux Continent. « Nous allons interpeller tous les élus européens et exigeons que Mittal révèle sa stratégie à court terme. Au moins, nous pourrions anticiper sur des plans de reconversion, » se résigne le syndicaliste.

Et Florange, dans tout cela ? Edouard Martin n'est pas devin, mais ne voit pas d'un bon oeil la baisse du prix de la tonne carbone (7 EUR contre 15 EUR, calculé comme le seuil de rentabilité pour le projet Ulcos). « C'est peut-être bien pour cela que l'Europe a repoussé la décision d'Ulcos à l'automne. »

Et si jamais le pire devait arriver à Florange, la CFDT demande au gouvernement, quel qu'il soit, de travailler sur une loi interdisant à Mittal de démanteler ses usines. « Florange est rentable. Ça, on l'oublie trop souvent. Cette usine intéressera des repreneurs. Encore faut-il qu'elle puisse être rachetée. Mais personne n'a tiré les enseignements de Gandrange ! », conclut Edouard Martin.

Laurence SCHMITT.