Montebourg annoncé jeudi

Publié le 26/09/2012
ArcelorMittal : le ministre du Redressement productif viendra à Florange, c'est confirmé. Mais pourquoi ?
Montebourg annoncé jeudi
Montebourg annoncé jeudi
ArcelorMittal : le ministre du Redressement productif viendra à Florange, c'est confirmé. Mais pourquoi ?

© L'Est Républicain, Mercredi le 26 Septembre 2012 / Région Lorraine + Républicain Lorrain + Vosges Matin

 


 

Le blocage de l'usine de Seremange. Ici le train à chaud. Photo Le Républicain Lorrain

Florange. L'ultimatum était clair, net et précis : « Si on ne nous donne pas de réponse avant 16h, on s'en prend aux institutionnels. » Edouard Martin fulmine, il n'en peut plus de cette sidérurgie figée. Chaque jour, la frustration des hommes est palpable. Chaque jour, le risque de débordement est plus grand. Le grand défilé (socialiste) des bonnes intentions pendant la campagne électorale a cessé.

Depuis l'été l'intersyndicale s'est retrouvée un peu (beaucoup) abandonnée et ce mutisme assourdissant, tant du gouvernement que de Mittal, n'augure rien de bon. Faut pas pousser les hommes à bout. Et là, un an après l'arrêt des hauts-fourneaux, de l'aciérie et d'une partie du packaging, on peut dire que toutes les patiences ont été largement mises à l'épreuve. « Je pense qu'aucun ministre n'a intérêt à se pointer avant que Montebourg vienne, » lâchait lundi soir Philippe Tarillon, maire PS de Florange. En tête, la venue d'Aurélie Philippetti ce vendredi pour l'inauguration du théâtre de Thionville. De là à voir la fête gâchée et un an d'un conflit hors norme, terni par le jour de trop... celui qui déclenche la fièvre...

Au sommet de l'État

Visiblement, l'ultimatum est monté jusqu'aux oreilles de Paris et Arnaud Montebourg a (enfin) annoncé son déplacement. Ce sera jeudi. Dans l'après-midi. Personne n'en sait plus. Mais c'est confirmé. Rien à voir avec les rumeurs qui frôlaient le n'importe quoi, tout au long de la semaine dernière. Il paraît même qu'il avait prévu de venir hier. Mais que les négociations en cours seraient trop âpres.

En attendant, pourquoi vient-il, le ministre du Redressement productif ? Si l'on en croit Michel Liebgott, député socialiste, François Hollande rencontrerait Lakshmi Mittal ce vendredi. « L'information n'est pas confirmée, mais elle montrerait que la question de l'avenir du site va être désormais traitée au sommet de l'État et que le dénouement devrait être rapide. »

Il faut se méfier des dénouements. La sidérurgie lorraine a rarement fait dans le happy end. Et puis, les informations glanées ici et là peuvent être diversement interprétées. La rencontre Hollande/Mittal aurait été annulée et serait surtout signe de points d'achoppement très forts.

Faut être honnête. Les informations se croisent et se contredisent le plus souvent. Seule certitude : Mittal est impitoyable dans les négociations entamées avec l'État et qui jouent les prolongations. Le chaud est en péril ? Le froid aussi ! On s'excite sur une loi qui permettrait une reprise ? Mais quel repreneur pour quelle réalité et quelle rentabilité ? Et Mittal, d'un repreneur, il ne veut pas...

Montebourg aura-t-il quelque chose à dire ? « S'il vient, c'est qu'il a des choses à nous proposer, » espère Edouard Martin. Certes, mais la CFDT a poussé pour le voir débarquer. « Faux. C'est Montebourg lui-même qui nous a dit qu'il viendrait à Florange nous annoncer les résultats des négociations. Nous, on pousse pour avoir des réponses. Que ce soit Montebourg, Mittal... Peu importe, on veut être fixé sur notre sort. » Du côté de la CGT, le scepticisme est fort : « Sa venue est positive, mais c'est pas pour autant qu'on est rassuré, » prévient Yves Fabbri.

Laurence SCHMITT