MOSELLE EST : LA COKERIE DE CARLING MENACEE DE FERMETURE

Publié le 29/05/2009
La mévente du coke sur un marché déprimé pourrait sceller la fin de la cokerie de Carling. Un comité d'entreprise doit proposer, demain, une réduction de la production, voire un délai pour trouver un repreneur.
MOSELLE EST : LA COKERIE DE CARLING MENACEE DE FERMETURE
MOSELLE EST : LA COKERIE DE CARLING MENACEE DE FERMETURE
La mévente du coke sur un marché déprimé pourrait sceller la fin de la cokerie de Carling. Un comité d'entreprise doit proposer, demain, une réduction de la production, voire un délai pour trouver un repreneur.

Selon les syndicats, la direction de Cokes de Carling prévoirait de mettre en veilleuse les batteries 10 et 11 de Carling 3, dont la batterie 12 est déjà en sommeil depuis 1999.

« Il y a de grosses difficultés. Il y a danger…» Les seuls mots prononcés, hier, par Michel Escoin, PDG de Cokes de Carling, pour répondre à la rumeur persistante qui évoque une fermeture prochaine de la cokerie, traduisent la gravité de la situation. Le site de Carling et ses 400 salariés encaissent de plein fouet la crise de la demande sur le marché de l’acier. Le coke, indispensable pour alimenter les hauts fourneaux et produire de la fonte, ne se vend plus. A Carling, la montagne de stocks prend des proportions inquiétantes : 400 000 tonnes. Au rythme de 60 000 t par mois, on ne sera pas loin des 700 000 t en fin d’année.

Une question qu’évoquera le comité d’entreprise extraordinaire programmé demain par la direction de Cokes de Carling. « Les difficultés économiques de Rogesa et de Cokes de Carling : les options envisageables pour la cokerie et leurs conséquences » : rien que par son intitulé, il suscite une profonde inquiétude au sein du personnel. Elle est relayée par l’intersyndicale CGT-CFDT-FO-CFTC-CFE/CGC.

La cokerie de Carling des Houillères du Bassin de Lorraine a été reprise par la sidérurgie sarroise en avril 2004,
via Rogesa, filiale des Aciéries de Dilling et de Saarstahl, avec un engagement de fonctionnement pour cinq années. Elle permettait aux sidérurgistes sarrois, en période de haut de cycle de la demande, de sécuriser leur approvisionnement et pallier la défection de leur propre cokerie ZKS à Dilling, en proie à des problèmes de maintenance de ses fours de haute taille (6 mètres).
« Tendre le dos »
La mise aux normes environnementales, les compétences du personnel issu des HBL et les critères de qualité des cokes livrés ont largement convaincu l’actionnaire sarrois auquel Cokes de Carling livrait jusqu’à 800 000 t pour les hauts fourneaux de Rogesa. Mais la crise a changé la donne. « Rogesa a arrêté un de ses hauts fourneaux et réduit sa production de fonte à Dilling. Nous faisons aussi du stock », assure un porte-parole des Aciéries de Dilling, dont la direction ne veut pour l’instant pas interférer sur les décisions qui seront annoncées à Carling demain.

Pour l’intersyndicale, il ne fait aucun doute que l’actionnaire sarrois va pousser Cokes de Carling à la fermeture. «
On est en 2009, ils ont assuré les cinq années de fonctionnement du contrat initial. Ils vont y mettre les formes pour préserver le climat social. En accordant un délai de trois mois pour trouver un repreneur », expliquent les syndicats. Autant dire mission impossible. « Qui voudrait, au cœur de l’été, d’une usine qui ne vend pas sa production et qui affichera plus de 150 millions d’euros de perte ? », se demandent les représentants du personnel.

Ces derniers ne veulent surtout pas renoncer. «
Il faut tenir. Tendre le dos. Demander à Rogesa de ne pas lancer son projet d’une nouvelle tranche de fours à la cokerie ZKS programmée pour 2011. De le différer. » Ultime espoir pour préserver les 400 emplois et les 350 de la sous-traitance. Et aussi «rassurer les jeunes embauchés de ces dernières années auxquels on a fait miroiter un bel avenir pour cet outil », clame l’intersyndicale.

Bernard KRATZ.
Publié le 28/05/2009 - Accueil