Ombretta FRACHE« La grande différence, c'est qu'on choisit ses contraintes » ( ER, RL - Ouverture Lorraine / Di. 3 Novembre 2019 )

Publié le 04/11/2019

Interview d'Ombretta Frache, ex-secrétaire nationale des retraités à la CFDT.

 

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Ombretta Frache : « Pas une fin, mais une chance. »

 

Ombretta Frache, vous étiez secrétaire nationale des retraités à la CFDT et vous avez vous-même opté pour un départ anticipé à 52 ans au sein des Houillères de Lorraine. Comment réagit-on quand le travail s'arrête tôt dans la vie ?

Globalement, on ne considère pas ça comme une fin, mais comme une chance. On s'oriente vers autre chose. Dans mon cas, ça a été le militantisme syndical. Je voulais conserver une forme d'activité intellectuelle et sociale. Chez d'autres, cela a pu être la vie associative, un mandat municipal, ou s'occuper de ses petits-enfants. La grande différence, c'est qu'on choisit ses contraintes.

Existe-t-il un danger chez ceux qui n'en choisissent pas ?

Il faut admettre que lorsqu'un départ intervient très tôt, c'est un séisme. On a vu beaucoup de ménages exploser. Qu'on soit parti volontairement ou pas de son travail, cela ne change pas grand-chose. Se sentir exclu, dépossédé de sa vie antérieure, il faut le gérer. Cela doit s'acter, s'intégrer pour mieux aller de l'avant.

Aujourd'hui, le cinquième des départs en retraite (21 %) concerne des carrières longues.

Cela signifie qu'il existe une attente profonde. Peut-être les gens en ont-ils assez de leur boulot, sans doute aussi envisagent-ils un nouveau projet de vie. Quand ça s'arrête, on est bien obligé de se projeter vers l'avant. Il vaut mieux, d'ailleurs, car le regard de la société en direction des retraités est parfois un peu dur, favorisé qu'il est par certains discours de politiques.