Parler d'une même voix pour se faire entendre

Publié le 10/11/2012
Estimant que les hôpitaux de Moselle-Est sont arrivés à un point de rupture, les organisations syndicales des différents établissements ont demandé à être reçues, hier, en préfecture. Pour prouver que l'union fait la force.
Parler d'une même voix pour se faire entendre
Parler d'une même voix pour se faire entendre
Estimant que les hôpitaux de Moselle-Est sont arrivés à un point de rupture, les organisations syndicales des différents établissements ont demandé à être reçues, hier, en préfecture. Pour prouver que l'union fait la force.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 10 Novembre 2012 / FOR / STA / SRG /
 
Les syndicats des différents établissements de santé de Moselle-Est ont décidé de s'unir pour se faire entendre. Photo Marc Wirtz 

C'est un bus affichant complet qui s'est arrêté hier matin devant les portes de la préfecture à Metz. A son bord, les élus et représentants des personnels de toutes les organisations syndicales des établissements de santé de Moselle-Est, de Saint-Avold, à Sarreguemines en passant par Freyming-Merlebach ou encore Forbach. Soit une centaine de personnes en y ajoutant d'autres renforts, venus en véhicules particuliers. Tous ont fait le déplacement pour exiger des réponses concrètes à leurs questions.

Estimant que les hôpitaux du Bassin houiller sont « arrivés à un point de rupture », ils sont venus demander l'arrêt des restructurations, le maintien des emplois et des garanties statutaires, ainsi que l'ouverture de négociations sur l'offre de soins.

CFDT, CFTC, CGC, FO, CGT, et SUD veulent désormais prouver que l'adage 'l'union fait la force' peut marcher.

Garantir une offre de soins

« Pour nous, c'est déjà une première victoire que d'être rassemblés ici aujourd'hui. Nous avons eu des déclarations et des positions diverses et variées. Notre volonté est désormais de discuter de manière unie », précise Bernadette Hilpert, de la CGT.

Propos confirmés par Didier Birig, de Force Ouvrière. « Il est important pour nous que l'ensemble des structures syndicales soit réuni et parle d'une même voix. Il en va du maintien de l'emploi et des soins sur le Bassin houiller. La suppression de postes, sur une région déjà sinistrée, est intolérable pour nous. » Pour le syndicaliste, il s'agit maintenant de trouver et définir une véritable offre de soins en Moselle-Est. Le tout en concertation avec les gens qui sont directement sur le terrain. « Dans cette histoire, on nous prend pour des idiots. La ministre de la santé a affirmé que le processus de restructuration était en stand-by. Or, au quotidien, sur place, on voit bien que c'est tout le contraire. »

Hier, le temps n'était pas à la manifestation. Il s'agit surtout de faire passer un message : « Nous suspendons nos participations aux instances jusqu'à ce que nous ayons une vraie rencontre pour débuter concrètement les négociations et aboutir à des accords. Nous ne voulons plus d'une énième réunion d'informations. Ce que nous souhaitons, c'est une table ronde avec les différents interlocuteurs où il sera question du maintien des emplois, des statuts mais aussi de l'offre de soins en Moselle-Est. »

« Le PTU était un leurre »

Michel Heuzé, sous-préfet de l'arrondissement de Forbach, et Laure Polo, animatrice territoriale au sein de l'ARS, ont donc reçu, hier matin, les doléances des syndicats à la préfecture. « Ils ont répété à plusieurs reprises qu'ils nous avaient entendus. Maintenant, l'intersyndicale se réunira lundi afin de se donner un délai. Mais on ne va pas attendre longtemps. Si notre demande reste sans réponse, on prendra certaines mesures. D'autres actions sont déjà envisagées », précise Bernadette Hilpert.

Devant la préfecture, les esprits restent moroses. Oublié le PTU, plateau technique unique, qui faisait tant rêver les uns et les autres.

« C'était notre idéal. Aujourd'hui, on n'y croit plus, Tout cela n'était qu'un leurre. Les restructurations ont débuté alors que ce PTU, on ne le verra jamais », souffle l'une des représentantes syndicales CFTC.

A ses côtés, une consoeur confirme : « Outre les professionnels de la santé, c'est toute une population qui est inquiète. Nous sommes face à une population vieillissante qui aujourd'hui se demande où elle ira se faire soigner. »

Mélanie COURTE.