Pas taillés pour durer ?

Publié le 13/10/2010
Retraites : peu de grèves reconductibles en vue dans les grands groupes du privé
Pas taillés pour durer ?
Pas taillés pour durer ?
Retraites : peu de grèves reconductibles en vue dans les grands groupes du privé

Chez Total Pétrochimie à Carling, comme chez ArcelorMittal en Moselle on attend sagement les négociations avant de réfléchir à durcir le mouvement. Photo ER

A METZ

Metallurgie, pétrochimie, automobile, sidérurgie... on aurait pu s'attendre à un durcissement du mouvement et des grèves reconductibles dans ces grands groupes industriels du privé. Pour l'heure, il n'en est rien.

« Aujourd'hui, la production est en sous-activité chez nous. Aussi nous n'avons pas appelé à des grèves reconductibles. Les 2.000 salariés souffrent déjà beaucoup, aussi ce sera dur d'entrer dans un mouvement long », explique Yves Fabbri, délégué syndical CGT chez ArcelorMittal en Moselle.

Du côté de chez Total Pétrochimie, même tarif. « Nos 2.350 salariés subissent la crise depuis deux ans. Cela va être dur de mobiliser pour des grèves reconductibles. D'ailleurs nous ferons un point ce soir ou demain pour voir quelles infrastructures de raffinage sont fermées. Mais il n'y aura pas de grèves reconductibles », reconnaît du bout des lèvres Antoine Casula, délégué CGT de la plateforme de Carling en Moselle.

Peugeot-Citroën Automobile (PCA) est en Lorraine l'une des plus grosses entreprises du privé. Et là encore, « on attend les négos », explique Marcel Duvent délégué CFDT. « De toute façon, on a quatre mois de stock devant nous, alors cela n'aurait pas d'incidence immédiate sur la production. Aussi il faut réfléchir avant de durcir le mouvement. Mais s'il faut y aller on ira ! ».

Se couper deux doigts pour partir plus tôt

Si hier à Metz on était forcé de constater que dans les bastions historiques de la lutte sociale du privé on était sur la réserve, il y avait tout de même quelques salariés bien décidés à ne pas plier face à un gouvernement sourd. « On va se faire mal, mais on ira jusqu'au bout de nos possibilités ».

Noël Léonard, est technicien depuis 36 ans chez France Transfo société du groupe Schneider Electric. Il entame aujourd'hui son 7e jour de grève depuis le début du mouvement et ne lâchera rien. « Travailler en atelier jusqu'à 62 ans, on l'avait jamais imaginé. Et moi à 53 ans je suis déjà usé ». Comme l'explique un de ses collègues, « on n'est pas loin de revenir à une époque où nombre d'ouvriers se coupaient deux doigts pour partir plus tôt en retraite, parce qu'ils n'en pouvaient plus ».

Des comportements tragiques, contre lesquels Noël le métallo a un remède : « Les gens ne peuvent pas se reposer que sur nous pour bloquer le pays. Routiers, télécommunications, ouvriers, fonctionnaires... tout le monde doit s'y mettre, c'est tout ! »