Péage de l'A 4 bloqué et palettes en feu

Publié le 13/10/2010
Sur la plateforme chimique, les syndicats ont manifesté hier matin en ordre dispersé. La CFDT d'Arkema a fait un barrage filtrant au péage autoroutier, la CGT de TPF a brûlé des palettes aux entrées de l'usine.
Péage de l'A 4 bloqué et palettes en feu
Péage de l'A 4 bloqué et palettes en feu
Sur la plateforme chimique, les syndicats ont manifesté hier matin en ordre dispersé. La CFDT d'Arkema a fait un barrage filtrant au péage autoroutier, la CGT de TPF a brûlé des palettes aux entrées de l'usine.

 

La Sanef refuse de lever les barrières de péage. Les militants de la CFDT décident de poser des cônes de Lubeck afin d'immobiliser les usagers.

Photo Delphine de Lucia

Pas d'appel unitaire à la grève sur la plateforme chimique de Saint-Avold Nord. La CGT, la CFDT, la CFE-CGC ne sont pas sur la même longueur d'ondes.

Hier, à partir de 6 h, la CGT d'Arkema et Total Petrochemicals plante des piquets de grève aux entrées principale et sud du site. Quelques palettes en bois brûlent. Dans le rond-point le flux des automobilistes reste fluide. « Aujourd'hui, on marque juste une présence. Les tracts ont été distribués hier » note Didier Gossart, de la CGT Total.

Dans ce document, le syndicat rejette en bloc le projet de réforme des retraites. Il est « contre la remise en cause du départ à 60 ans, contre un départ à 67 ans pour les carrières morcelées, contre les 41,5 années de cotisations, contre le financement d'une réforme reposant uniquement sur les salariés et contre une reconnaissance de la pénibilité uniquement par le handicap ».

Isabelle Montaudon, de la CFE-CGC de Total, fait bien la distinction entre « l'employeur et le gouvernement ». Elle explique : « Nous ne voulons pas bloquer le site. Nous avons juste appelé à participer à la manifestation à Metz ».

Chez Arkema, l'atelier des acrylates est en marche réduite et l'unité SAP (superabsorbants) totalement à l'arrêt. « C'est une grosse déception car actuellement nous sommes en discussion avec notre partenaire japonais pour augmenter notre capacité. Des emplois sont à la clé. Une décision finale doit être prise au plus tard en janvier » constate Mme Rogé, DRH d'Arkema.

Un bouchon de 4 km formé en cinq minutes

La CFDT d'Arkema participe à la journée d'action, mais n'a pas lancé d'appel à la grève.

Vers 9 h 30, une vingtaine de militants arrivent au péage autoroutier de Saint-Avold.

Ils déploient des banderoles et distribuent des tracts aux automobilistes et chauffeurs routiers.

Ils veulent sensibiliser les usagers à la manifestation prévue en début d'après-midi devant le centre Pompidou à Metz.

Le syndicaliste Serge Cossutti explique : « Un sondage réalisé dans l'entreprise a montré que 80 % des salariés ne veulent pas faire grève. Ce n'est pas évident, dans une situation de crise, de précarité, de faire une grève reconductible. Mais si on doit en arriver là, il faudra sensibiliser les gens. On est lancé dans un processus que l'on ne peut pas arrêter ».

La CFDT souhaite la gratuité du péage. La Sanef n'accédera pas à sa demande.

L'homme conserve son calme, alors que quelques éléments de ses troupes sont prêts à agir. « On n'est pas là pour casser le matériel ».

Sur le coup de 10 h, les syndicalistes posent des cônes de Lubeck dans les couloirs de circulation pour empêcher les véhicules de passer.

En l'espace de quelques minutes, une file de près de 4 kilomètres se forme. On lit le mécontentement sur le visage des usagers immobilisés.

Le barrage filtrant sera levé au bout d'une heure.