Personnels hospitaliers :la colère et l'inquiétude

Publié le 16/04/2011
Près de deux cents salariés d'Hospitalor ont manifesté, hier, dans les rues de Saint-Avold. Ils ont dénoncé leurs conditions de travail et ont exprimé leurs inquiétudes quant à l'avenir de leurs emplois.
Personnels hospitaliers :la colère et l'inquiétude
Personnels hospitaliers :la colère et l'inquiétude
Près de deux cents salariés d'Hospitalor ont manifesté, hier, dans les rues de Saint-Avold. Ils ont dénoncé leurs conditions de travail et ont exprimé leurs inquiétudes quant à l'avenir de leurs emplois.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 16 Avril 2011 / STA
 
La maternité et la pédiatrie de Saint-Avold sont menacées de fermeture à Saint-Avold. Photo RL 

Des soins de qualité, des malades bien soignés, on veut des vrais projets pour le Bassin Houiller ! » Les salariés d'Hospitalor sont en colère. Ils l'ont scandé, hier, lors d'une manifestation organisée dans les rues de Saint-Avold.

Premier motif de leur grogne : des conditions de travail insatisfaisantes. « Nous n'avons plus les moyens de travailler et nous manquons de personnel, raconte Ourida Louma, déléguée centrale CFDT. Pourtant, nous devons assurer des soins de qualité. Rien qu'en pédiatrie, nous avons l'impression que la direction nous laisse mourir parce qu'elle veut faire disparaître ce service de Saint-Avold. »

Dans les rangs, la colère cède la place à l'incompréhension. « On ne sait pas où l'on va. Je travaille à la maternité depuis 1980 et là, ils veulent tout simplement la fermer, sans autre forme de procès, commente Anne, une sage-femme. Et puis, je ne serai jamais infirmière ! » Anne fait allusion au plan de sauvegarde de l'emploi qui prévoit des reconversions professionnelles où il est demandé à des auxiliaires de puériculture de devenir aides-soignantes et des sages-femmes infirmières.

« Que font les pouvoirs publics ? s'insurge Marc Reisdorf délégué syndical FO. Nous voulons maintenir la pression sur les autorités locales telles que l'Agence régionale de santé. On nous parle de restructuration, de plan social mais qui va payer ? Nous n'avons pas les moyens de nos ambitions. Pour autant, nous sommes prêts à discuter à condition que les données soient claires. »

Pour les représentants de la CFTC, l'incertitude est tout aussi grande. « Nous sommes fatigués. Nous sommes exaspérés, expliquent Frédéric Fischbach et Fadila Akli, délégués syndicaux. Nous avons un sentiment d'insécurité permanent. On nous présente un plan social sans chiffrage, opaque. C'est déroutant. »

Un reproche également formulé par André Wojciechowski, député-maire de Saint-Avold.

« Je suis là pour soutenir le personnel. Nous devons maintenir la maternité à Saint-Avold, quitte à fusionner avec la clinique Saint-Nabor. Il faut, de plus, clarifier la situation pour que les salariés soient plus sereins. »

Un espoir

Des salariés d'Uni-Santé ont fait le déplacement. Leurs établissements publics (Marie-Madeleine à Forbach, hôpital Lemire à Saint-Avold) semblent, eux aussi, dans une mauvaise passe. Ils ont été rejoints par des employés d'Hospitalor exerçant dans d'autres secteurs. « Nous venons de Florange, précise Régine. Nous travaillons en Ehpad mais nos conditions de travail ne sont pas meilleures. »

Un espoir paraît toutefois illuminer le cortège. Celui de la nouvelle direction. « Pascal Olejniczak nous a promis un vrai dialogue, nous comptons sur lui pour nous donner des réponses rapidement. »

Emilie PERROT.