Pique-nique syndical devant la préfecture

Publié le 01/06/2011
Près de 150 salariés de la fonction publiqueont pique-niqué, hier, à midi, devant la préfecture, à l'occasion d'une journée d'action nationale.
Pique-nique syndical devant la préfecture
Pique-nique syndical devant la préfecture
Près de 150 salariés de la fonction publiqueont pique-niqué, hier, à midi, devant la préfecture, à l'occasion d'une journée d'action nationale.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 01 Juin 2011 / MTZ
 

 

Ambiance bon enfant, hier midi, devant la préfecture de Metz,où les salariés de la fonction publique se sont retrouvésautour d'un pique-nique placé sous le signe de la revendication.Photo Marc WIRTZ.

L'action est d'abord basée sur le pouvoir d'achat des fonctionnaires, explique en préambule Philippe Schoun, responsable CFDT Finances Lorraine. Deux chiffres résument bien la situation : en 10 ans, 10 % de perte du pouvoir d'achat. Sans compter que la volonté des différents gouvernements, depuis les années 2000, est d'individualiser les salaires en jouant sur le mérite. Ça fait deux ans que nos salaires sont bloqués. Depuis 30 ans que je milite, c'est bien la première fois que je vois ça ! Alors, ils tiennent compte des avancements de carrière, mais c'est l'augmentation du point d'indice qui permet de combler l'inflation. »

Alors que les militants déjeunent d'un sandwich, préparé sous la toile de tente dressée pour l'occasion, le syndicaliste renchérit : « C'est vrai qu'il y a peu de mobilisation ! Mais, pour essayer de combler des pertes de salaires, il faut encore en perdre. Et beaucoup de gens ne peuvent plus se permettre de faire grève. Il va falloir faire quelque chose un jour... À mon sens, c'est un véritable problème macro-économique : il faut relancer en redonnant du pouvoir d'achat et augmenter les salaires. Alors l'État donne des leçons aux entreprises du privé en faisant de l'interventionnisme économique, mais, pour autant, il ne donne pas l'exemple. »

Autre point de mécontentement des participants au pique-nique : la baisse des effectifs, avec le non-remplacement des fonctionnaires partant à la retraite, et les conditions de travail. « Nous sommes arrivés au taquet. Ça ne peut vraiment plus continuer comme ça. Il n'y a qu'à voir l'augmentation significative des arrêts maladie, poursuit Philippe Schoun. Nous sommes en train de bâtir une société de fous. Nous devons réagir, nous passons quand même un tiers de notre vie au travail. »

« Bataille de longue haleine »

Des propos repris par les autres syndicats, tels que la CFTC ou l'UNSA, ayant répondu à l'appel local. À l'instar de Philippe Kugler, membre du bureau de l'union départementale CGT et représentant le syndicat enseignant CGT en Moselle.

« Les dernières négociations nationales se sont soldées par un échec total. Du coup, les salaires sont gelés pour 2011 et 2012 et, en 2010, nous n'avions quasiment rien obtenu. Cette bataille des salaires ne pourra se régler qu'au niveau interprofessionnel. Avant, l'emploi et les conditions de travail n'étaient pas les revendications prioritaires dans la fonction publique. Aujourd'hui, avec l'inflation, ça le devient ! Et la bataille est de longue haleine... »

Absente, l'union départementale FO a lancé « un appel clair et déterminé à la grève interprofessionnelle ».

Delphine DEMATTE.