Plan social à Hospitalor : le voile se lève

Publié le 09/04/2011
À Hospitalor où le déficit est chronique, un plan social est proposé par la direction. La fermeture de la maternité à Saint-Avold est confirmée pour juin. D'autres services subiront des coupes dans les effectifs et des regroupements.
Plan social à Hospitalor : le voile se lève
Plan social à Hospitalor : le voile se lève
À Hospitalor où le déficit est chronique, un plan social est proposé par la direction. La fermeture de la maternité à Saint-Avold est confirmée pour juin. D'autres services subiront des coupes dans les effectifs et des regroupements.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 09 Avril 2011 / STA
 
Maternité et pédiatrie ne seront plus à Saint-Avold, et ce dès la fin du mois de juin. Photo Thierry SANCHIS

Le délai est court. Fin juin. Une sentence presque immédiate pour les salariés de la maternité et de la pédiatrie d'Hospitalor Saint-Avold. Ce n'est que mercredi soir que les détails du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) ont été dévoilés aux instances syndicales. Le document leur a été envoyé en même temps que leur convocation au prochain comité d'hygiène et de sécurité des 20 et 21 avril. Une réunion du comité d'entreprise est également prévue le 26 avril.

Ce plan social intervient avant la création du plateau technique unique (PTU) pour améliorer les finances de l'association. Entre 100 et 250 emplois seraient menacés. Ce projet de réorganisation concerne la maternité de Saint-Avold mais également d'autres services (voir ci-dessous).

Une fermeture inéluctable

Dans ce projet, la direction confirme la fermeture des services de la maternité et de la pédiatrie de Saint-Avold pour un regroupement du pôle mère-enfant à l'hôpital Marie-Madeleine de Forbach. Préserver l'offre de soins spécialisés dans le bassin houiller, répondre aux préconisations qui limitent le nombre de maternité sur le territoire, récupérer des plateaux d'hospitalisation permettant le développement d'autres activités sanitaires, autant de raisons clairement établies dans les quelques pages de présentation de ce projet. Mais surtout retourner à l'équilibre financier, alors que depuis trois ans, le déficit s'élève à 2 millions d'euros pour la maternité et un peu moins d'un million pour la pédiatrie.

Quid des salariés ?

L'association Hospitalor assure prendre les dispositions nécessaires pour permettre au maximum d'agents d'intégrer Marie-Madeleine ou poursuivre leur carrière dans un autre établissement tout en conservant leur statut.

Cependant, plusieurs propositions de reconversion sont d'ores et déjà annoncées. Et c'est précisément là que le bât blesse. Il est, par exemple, proposé aux sages-femmes de devenir infirmière, après une formation adéquate. Ce qui représente une chute de statut et une baisse conséquente de salaire. À des auxiliaires de puériculture, il est demandé de devenir aides-soignantes. Même traitement que pour les sages-femmes.

Les syndicats contre le PSE

En tout, cette fermeture concerne 80 personnes, soit un peu plus de 67 postes. « Nous avons annoncé hier (jeudi NDLR) que nous refusions d'entrer dans ce PSE, s'est exprimé Marc Reisdorf, délégué central FO. La CGT, la CFDT et la CFTC partagent cette action avec nous. Tant que la procédure de droit d'alerte exercée depuis janvier dernier n'est pas finalisée, il est hors de question de négocier quoi que ce soit. »

Autre interrogation, celle de l'argent. « Hospitalor est dans le rouge. Comment comptent-ils payer les formations et ce plan social. Et puis, que font les administrateurs judiciaires ? Quelles solutions proposent-ils ? »

De son côté, la direction d'Hospitalor se réserve « le temps de rencontrer les instances du personnel avant de communiquer ».

Emilie PERROT.