Policiers municipaux : grève peu suivie

Publié le 02/06/2010
La journée de grève nationale, initiée par l'intersyndicale des policiers municipaux, a été assez peu suivie dans l'agglomération messine et la vallée de l'Orne.
Policiers municipaux : grève peu suivie
Policiers municipaux : grève peu suivie
La journée de grève nationale, initiée par l'intersyndicale des policiers municipaux, a été assez peu suivie dans l'agglomération messine et la vallée de l'Orne.

Le Républicain Lorrain, Mercredi le 02 Juin 2010 / MTZ
 

 

« On parle beaucoup de Woippy mais la police municipale n'y fait que son travail », estime Samuel Dechoux, chef de service de la brigade qui compte 26 agents. Photo Gilles WIRTZ

l'intersyndicale CGT, CFDT, FO, FAFPT, Unsa et CFTC-SNPM avait lancé un appel à la grève nationale pour la journée d'hier.

Plusieurs villes avaient été retenues, comme Paris, Lille, Strasbourg, Caen, Dijon, Lyon, pour rassembler les contestataires qui réclament, notamment, une prise en compte de la pénibilité et de la dangerosité de leur métier, une revalorisation de leur carrière ainsi que l'intégration de la prime de risque dans le calcul de la retraite.

Parmi toutes les brigades, de Maizières-lès-Metz, Amnéville, Mondelange, Talange, Hagondange, Marly, Ennery à Montigny-lès-Metz, c'est à Metz que la mobilisation a été le plus suivie.

Une quinzaine d'agents avaient posé congé pour se rendre dans la capitale alsacienne. A l'instar de Philippe Alliani, délégué régional SNPM, qui s'avoue déçu par la faible participation.

« Les policiers municipaux sont bien déterminés à aller plus loin. Trop de gens nous considèrent encore comme des agents du stationnement alors que nous faisons de plus en plus de police de proximité », déplore l'agent messin.

Son collègue François Lack, représentant le syndicat CFDT, n'a pu se rendre à Strasbourg en raison de l'opération Journée sans voitures organisée, hier, à Metz. Solidaire du mouvement, il avoue, tout de même, que « Les conditions de travail se sont améliorées ces dernières années, sans compter la plus grande reconnaissance des citoyens ».

Tout en regrettant qu'il y ait « des revendications, notamment concernant le volet social, qui n'aboutissent toujours pas. »

Constat un peu différent à Woippy, avec Samuel Dechoux, chef de service de la police municipale.

En poste depuis 2001, après huit années passées au sein de la police municipale intercommunale d'Ennery, l'homme a travaillé, en 1999, sur les lois Chevènement qui fixaient le cadre d'action de la police municipale.

« Polices municipales multiples et variées »

« Avant, c'était le flou, reconnaît-il. Cette loi n'est pas parfaite, mais elle a le mérite de poser un code de déontologie qui prévoit l'armement des agents, leurs prérogatives ainsi que les conventions de coordination avec les forces de l'ordre. » Et de renchérir : « Une bonne police répond aux demandes du maire qui est son patron. Les polices municipales sont multiples et variées en fonction de la volonté des élus. Aucune ne ressemble vraiment à l'autre. »

Evoquant la situation woippycienne et les récents incidents qui ont émaillé son quotidien, l'homme reconnaît que la situation n'est pas toujours facile.

« C'est un quartier populaire, qui a été rénové, où il existe 75 % de logements sociaux et une minorité de délinquants. Pour faire face, nous avons des moyens financiers lourds en matériels mais aussi en formation. La politique de la ville s'est accompagnée d'une politique de sécurité. Nous sommes toujours restés au maximum des possibilités que nous offraient les textes. »

Evoquant leur équipement - bombe lacrymogène, tonfa, matraque, flashball ou taser -, il rappelle que tout est fixé par décret.

« Il doit être adapté aux missions. Pour l'instant, cet armement suffit. Si, un jour, nous sommes armés, ce sera vraiment pour répondre à une situation. Il ne faut pas faire d'angélisme : les délinquants sont plus en plus dangereux et les forces de l'ordre doivent avoir les moyens de se défendre. »

Delphine DEMATTE.