Polinorsud : le combat continue

Publié le 27/08/2010
Les salariés de Polinorsud restent mobilisés. Hier, ils assuraient une troisième journée de grève pour tenter de sauver leurs emplois. Les négociations en cours ne les rassurent guère. Prochaine mobilisation le 8 septembre.
Polinorsud : le combat continue
Polinorsud : le combat continue
Les salariés de Polinorsud restent mobilisés. Hier, ils assuraient une troisième journée de grève pour tenter de sauver leurs emplois. Les négociations en cours ne les rassurent guère. Prochaine mobilisation le 8 septembre.

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 27 Aout 2010 / THI
 

 

Près de soixante-dix salariés de Polinorsud campaient hier devant la centrale de Cattenom. PhotosPierre HECKLER

Hier matin, banderoles et barbecue donnaient à l'entrée de la centrale nucléaire de Cattenom des airs de manifestation. Soixante-dix personnes alimentaient la braise. Une grande partie des salariés de Polinorsud, entreprise qui, au 1er janvier 2011, cessera de travailler pour le CNPE (lire RL du 22 juillet), s'était déclarée en grève. « C'est la troisième journée de grève et nous avons effectué sept débrayages, récapitule Michel Jenczak, délégué CFDT, depuis que le mouvement a débuté, c'est-à-dire le 13 juillet. »

C'est donc au début de l'été que les 114 salariés de Polinorsud ont su qu'ils n'interviendraient plus sur le site de Cattenom. Au jeu des appels d'offres ce sont les sociétés Spie Nucléaire et Prezziozo, « deux filiales du groupe Suez », précise le délégué syndical, qui ont remporté le marché d'une durée de six ans.

Quelques milliers de tracts plus tard, les salariés soupirent, fatiguent, ne comprennent toujours pas. « Une nouvelle redistribution des cartes, une mutualisation des moyens... à chaque fois ce sont les salariés qui en pâtissent » reprend Michel Jenczak.

Premières négociations délicates

Pour l'heure, ils sont bien décidés à maintenir la pression, parce que les premières négociations ne les encouragent pas à lâcher du lest. « Suite à une première consultation qui s'est déroulée le 16 août entre notre direction et celle de Prezziozo une issue favorable serait envisageable pour les échafaudeurs et les calorifuges qui obtiendraient 50 % du marché sur six ans, mais pour une période probatoire de six mois pour Polinorsud. Ces emplois ne seraient peut-être sauvés que pour six mois », s'indigne le délégué syndical.

De plus, « la société reprenante ne confierait à Polinorsud que les arrêts de tranche durant l'année 2011. Seule une quarantaine de personnes seraient reprises par cette nouvelle entreprise.

Que deviendra la quarantaine restante ? Le 31 décembre que deviendra le personnel de Polinorsud ? Au lieu de six mois d'angoisse, cela fera un an et demi d'angoisse pour tous les salariés ».

Hier de nouvelles discussions

Hier de nouvelles négociations concernant le domaine logistique, se déroulaient à Paris entre la direction de Polinorsud et l'entreprise Spie.

La rencontre devait se dérouler de 10h à 15h. Elle s'est poursuivie beaucoup plus longtemps que prévu.

A 20h, Michel Jenczak n'avait toujours pas de nouvelles. « Cela n'annonce pas de bons présages », se décourageait-il. Les salariés de Polinorsud n'en démordent pas. Ils poursuivront leur lutte.

La prochaine action est prévue le 8 septembre sur le site de Cattenom.

« La section syndicale CFDT-EDF Cattenom se joindra à l'action », a d'ores et déjà assuré Patrick Mangenot, responsable de la fédération CFDT de la centrale.

Anne Rimlinger-Pignon