Politique : saveurs aigres-douces

Publié le 17/05/2009
Catherine Trautmann était hier au coeur du Grand-Est. Détour par la Fensch où l'attendaient les syndicalistes d'ArcelorMittal.
Politique : saveurs aigres-douces
Politique : saveurs aigres-douces
Catherine Trautmann était hier au coeur du Grand-Est. Détour par la Fensch où l'attendaient les syndicalistes d'ArcelorMittal.

Aux côtés de Philippe Tarillon, Philippe David, Michel Liebgott, Gisèle Printz, Jean-Marc Todeschini et sa colistière Aurélie Filipetti, Catherine Trautmann est venu constater les travaux rendus possibles par les fonds européens.
Aux côtés de Philippe Tarillon, Philippe David, Michel Liebgott, Gisèle Printz, Jean-Marc Todeschini et sa colistière Aurélie Filipetti, Catherine Trautmann est venu constater les travaux rendus possibles par les fonds européens.
 

Fidèle au petit bout de femme décidée qu’elle a toujours été, la socialiste Catherine Trautmann a suivi d’un pas alerte l’incontournable joyeuse troupe de politiques locaux qui l’ont conduite là où les fameux fonds européens ont souvent permis de faire avancer quelques dossiers coûteux. La requalification de la Fensch à Hayange, Serémange-Erzange et Florange en fait partie. Auparavant, l’eurodéputée avait également eu droit à un accueil en terres luxembourgeoises, puis longoviciennes. Une mise en bouche nécessaire pour mieux accoutumer son palais aux saveurs un tantinet aigres-douces, celles-là, du plat de résistance composé pour l’essentiel d’une rencontre avec les représentants syndicaux d’ArcelorMittal.
Ou quand l’exercice du 'passe-moi le sel' nécessite d’avoir sérieusement planché sur le menu. Ce qui, il faut bien l’avouer, fut le cas de la candidate aux Européennes, visiblement incollable sur les ingrédients composant cet indigeste trou lorrain. «Il est effectivement assez gênant de constater à quel degrésle secteur bancaire, noyé dans la crise, a été financé par les gouvernements. Il est certain que tous ces moyens auraient fait beaucoup de bien à l’industrie. Il n’existe pas de politique industrielle et malheureusement, le dossier ArcelorMittal nous en fait actuellement la triste démonstration ». Peu avant son intervention, la socialiste venue cueillir les voix d’une majorité tant convoitée pour mieux dicter sa loi du côté de Strasbourg, avait été invitée par la CFTC, la CFDT et la CFE-CGC à offrir quelques gages sur d’éventuelles révisions des règles de gouvernance des entreprises, de la politique industrielle européenne principalement et les questions d’environnement : «Bruxelles ne peut imposer des règles draconiennes à certains pays en matière de protection de l’environnement sans que l’ensemble des industries de la planète ne soient elles-mêmes concernées… Cette crise, ce sont les secteurs de la métallurgie, et donc aussi de l’automobile qui la prennent en pleine gueule !»
Gestion des quotas de Co2, dumping social, concurrence déloyale des salaires, déstructuration de la relation entre le salarié et le patron… Entre la poire et le dessert, tout y sera passé et encore plus. «La relance passe par le lancement d’initiatives », dira la députée avant d’en livrer une liste trop interminable pour ne pas apparaître parfois un peu brouillonne : ferroviaire, réseau d’énergie, économie verte, écrétage des salaires les plus élevés. On ne se plaindra toutefois pas de trop de réponses concrètes, l’exercice n’étant habituellement pas le fort de l’animal politique.
Satisfaits ou pas, les syndicalistes et quelques salariés présents devront maintenant attendre l’addition. Ils l’a disent déjà salée, l’attendent plus encore en terres gandrangeoises et florangeoises. Dans l’état actuel des choses, toutes les résolutions seront bonnes à prendre. Reste à les appliquer. En cas de soutien et de majorité.

Saada-G. Sebaoui.
Publié le 17/05/2009 (Thionville)