Pour que le PTU ne tombe pas aux oubliettes

Publié le 08/10/2011
Aujourd'hui, on parle beaucoup des restructurations des hôpitaux du Bassin houiller et bien moins du PTU (grand hôpital) qui doit être construit à Betting. L'Etat avait fait une promesse en ce sens. Certains veulent le lui rappeler.
Pour que le PTU ne tombe pas aux oubliettes
Pour que le PTU ne tombe pas aux oubliettes
Aujourd'hui, on parle beaucoup des restructurations des hôpitaux du Bassin houiller et bien moins du PTU (grand hôpital) qui doit être construit à Betting. L'Etat avait fait une promesse en ce sens. Certains veulent le lui rappeler.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 08 Octobre 2011 / STA
 
Le 12 mars dernier, l'incertitude qui plane sur l'avenir de l'offre sanitaire dans le Bassin houiller s'était déjà manifestée dans les rues de Forbach. Ce sera rebelote samedi 15 octobre car les craintes demeurent, voire grandissent. Photo archive Philippe RIEDINGER 

Le PTU, on y croît plus ». Combien de fois a-t-on entendu cette réflexion désabusée ces derniers mois dès que la question de la santé était évoquée dans le secteur ?

La réorganisation de l'offre de soins dans le Bassin houiller devait, à l'origine, se dérouler en deux temps. Un premier temps intermédiaire avec une restructuration des hôpitaux existants et assainissement drastique de leurs finances. Et un deuxième temps avec la construction d'un grand hôpital neuf, un plateau technique unique (PTU donc), sur le parc d'activité de la Rosselle, à Betting près de Freyming-Merlebach.

L'Etat, via l'agence régionale de santé, avait validé cette feuille de route dès le départ, promettant même une enveloppe de 80 MEUR pour la réalisation du PTU.

Une course d'obstacles

Mais redessiner la carte sanitaire s'avère une course d'obstacles encore plus sinueuse que prévu. La valse des services entre hôpitaux crée forcément des aigreurs, le déficit chronique d'Hospitalor semble incurable, les politiques se glissent des peaux de banane au passage... Bref, aujourd'hui, la question de la santé dans le Bassin houiller apparaît davantage comme un véritable champ de mines plus que comme le terrain d'une ambition partagée.

Alors aujourd'hui, la crainte est de voir l'Etat ranger sa promesse au placard. Oublié le PTU face aux divisions et à l'incapacité d'en finir avec les déficits des hôpitaux.

La période intermédiaire deviendrait donc définitive. Les hôpitaux auront effectué les coupes sombres pour finalement se figer en l'état et laisser aux bassins de Metz et de Sarreguemines le droit d'avoir des établissements neufs.

« Avons-nous été trompés ? »

Face à cette menace, bien réelle, le collectif Vivre, travailler, se soigner en Moselle-Est et les syndicats FO, CGT, CFDT et Sud ont décidé de réagir. Ils organiseront une manifestation le samedi 15 octobre, à 14 h, avec rassemblement place du Marché à Forbach. « On ne parle plus PTU mais licenciements, fermetures de services, déplacements... Les restructurations désorganisent et appauvrissent les services de soins de Forbach à Saint-Avold. C'était la condition pour aboutir à la réalisation du PTU. Mais cela ressemble à une manoeuvre pour réduire progressivement la capacité de l'offre de soins en Moselle-Est. Aujourd'hui, plus aucun signe réel vers la construction d'un nouvel établissement moderne et performant en faveur de notre bassin de 300 000 habitants. Avons-nous été trompés ? », s'interrogent les membres du collectif et les syndicats dans un communiqué commun.

C'est pour avoir une réponse à cette grave question qu'ils appellent à cette énième manifestation. Un jour, il faudra bien que quelqu'un tranche clairement. Alors le PTU, c'est oui ou c'est non ?

S. M