Précarité annoncée

Publié le 31/08/2011
Après l'arrêt du haut-fourneau P3 depuis juillet, le secteur Packaging d'ArcelorMittal à Florange tourne,à son tour, au ralenti. La direction envisage des mesures de chômage partiel pour la fin de l'année.
Précarité annoncée
Précarité annoncée
Après l'arrêt du haut-fourneau P3 depuis juillet, le secteur Packaging d'ArcelorMittal à Florange tourne,à son tour, au ralenti. La direction envisage des mesures de chômage partiel pour la fin de l'année.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 31 Aout 2011 / THI /

 

 

La filière packaging d'ArcelorMittal à Ebange doit faire face à une baisse conséquente de son carnet de commande. Photo Pierre HECKLER

La sinistrose gagne ». Les représentants syndicaux, de la CGT aux cadres, étaient sur la même longueur d'onde, hier, à la sortie du comité d'entreprise d'ArcelorMittal à Florange : tous « très inquiets ». Après un premier semestre plutôt encourageant, les mauvaises nouvelles se succèdent depuis juillet et l'arrêt du haut-fourneau P3.

Les usines à froid sont à leur tour touchées par une baisse conséquente de la demande. Le secteur du Packaging (la fabrication des boîtes de conserves) a vu ses commandes s'effondrer de 50 % au troisième trimestre. « Un niveau jamais vu, une catastrophe », s'inquiète Walter Broccoli, secrétaire général FO.

Alors que plusieurs jours d'arrêts de la ligne de production avaient déjà été imposés en juillet et en août, de nouvelles mesures seront prises pour réduire les équipes dès septembre. Les salariés du packaging (plus de 550 employés) sont invités à solder leurs congés, jours de récupération... La production sera arrêtée tous les vendredis de septembre.

L'horizon pour la fin 2011 reste encore plus sombre, la direction a annoncé qu'elle allait saisir les pouvoirs publics d'une demande de chômage partiel.

« Si on doit en arriver là, nous demanderons des mesures d'accompagnement pour une indemnisation à 100 % », précise le représentant de FO, « Ce n'est pas aux salariés de payer les erreurs de Mittal. Pourquoi les commandes ont autant baissé ? » Les syndicats pointent du doigt la politique de hausse tarifaire du groupe et dénoncent la flexibilité imposée.

Menaces pour la filière liquide

« Une nouvelle fois Florange est sacrifié pour la rentabilité d'ArcelorMittal », s'indigne François Pagano pour la CFE-CGC. La politique de flexibilité du groupe est inquiétante également pour les installations de la filière liquide. Avec un seul haut-fourneau en fonctionnement (le P3 ne sera pas rallumé avant 2012 et aucun investissement n'y est encore prévu), les syndicats craignent un arrêt total de la filière liquide. « On reste vigilant et on tend le dos », avoue Frédéric Weber pour la CFDT.

« Florange est condamné à la précarité pour la fin de l'année », assure Yves Fabbri pour la CGT.

Si la direction a démenti fermement les rumeurs concernant un projet de départs volontaires, la situation sera forcément difficile au premier chef pour les intérimaires. Le site sidérurgique florangeois compte actuellement 405 salariés en intérim dont une centaine sur la ligne de packaging qui verront prochainement leurs contrats s'achever. Sans espoir de prolongation ni d'embauche.

Lucie BOUVAREL.