Production à l'arrêt dans la Fensch

Publié le 08/12/2011
« Pour nous, c'est une réussite ! Bloquer l'ensemble du site de Florange d'ArcelorMittal, ce n'est pas courant », lance Frédéric Weber, pour la CFDT. « Les militants de l'intersyndicale, soutenus par les salariés, se sont relayés aux différents portiers. Et ça a bien marché ! », confirme Walter Broccoli, pour FO. « Toutes les lignes de production sont à l'arrêt », se félicite Yves Fabbri, pour la CGT.
Production à l'arrêt dans la Fensch
Production à l'arrêt dans la Fensch
« Pour nous, c'est une réussite ! Bloquer l'ensemble du site de Florange d'ArcelorMittal, ce n'est pas courant », lance Frédéric Weber, pour la CFDT. « Les militants de l'intersyndicale, soutenus par les salariés, se sont relayés aux différents portiers. Et ça a bien marché ! », confirme Walter Broccoli, pour FO. « Toutes les lignes de production sont à l'arrêt », se félicite Yves Fabbri, pour la CGT.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 08 Décembre 2011 / Région /

 

 

Entre espoir et pessimisme, syndicalistes et salariés d'ArcelorMittal ont marqué un grand coup. Hier, l'accès aux cinq portiers de Hayange, Serémange et Florange a été bloqué. Photo Philippe NEU

 

Dans les coups durs, on se sert les coudes. Et hier, dès 3h30, les grévistes l'ont prouvé en bloquant les cinq portiers de Hayange, Serémange-Erzange et Florange. Tous les trains ont également été arrêtés depuis la gare d'Ebange à Florange, dès 5h. Les trois syndicats se sont partagé les sites et se sont relayés durant vingt-quatre heures. Des salariés les ont rejoints tout au long de la journée. Un des objectifs visés par l'intersyndicale, pour cette mobilisation européenne. « C'est une première victoire et un premier coup de semonce ! », prévient Frédéric Weber. Quelques salariés ont été toutefois autorisés à rejoindre leur poste, « suivant une liste fournie par la direction », complète Walter Broccoli. « Car nous ne voulons pas saccager notre outil de travail », justifie Ludovic Monier, responsable de la maintenance électrique à Hayange. Pour une heure ou toute la durée de leurs postes, des salariés ont bravé la pluie et le froid pour soutenir le mouvement. Car les inquiétudes sont fortes. « Avec les fêtes de fin d'année qui approchent et l'incertitude quant à ce que l'avenir nous réserve, nous sommes angoissés », confie Geneviève. Cette mère de famille est employée au packaging à Florange. Son mari, Bernard, travaille quant à lui au train à chaud à Serémange. « On y pense tous les jours, témoigne le couple. Il faut qu'on pense à l'avenir de nos enfants... » Dans ce contexte critique, Geneviève et Bernard envisagent même de quitter ArcelorMittal. « On est encore jeunes. On pourrait trouver du travail ailleurs... »

Quelques mètres plus loin, Sylvain Muller, délégué syndical CFDT AMTBL (ArcelorMittal Tailored Blanks Lorraine), ne cache pas son pessimisme quant à l'avenir de la sidérurgie. « Mais si on est là, c'est qu'on espère encore. Aujourd'hui, on montre à Mittal qu'il ne peut pas faire ce qu'il veut. Car c'est grâce à nous qu'il touche ses bénéfices ! »

Vanessa PERCIBALLI.