Protection Judiciaire de la Jeunesse : éducateurs révoltés

Publié le 22/01/2009 (mis à jour le 27/01/2009)
Alors qu'un préavis de grève de 24 heures a été lancé, hier, par l'intersyndicale de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), une assemblée générale s'est tenue, dans l'après-midi, à Nancy. Tous protestent contre la réorganisation de ce service qui assure à la fois un volet pénal et éducatif, dans la prise en charge des mineurs délinquants.
Protection Judiciaire de la Jeunesse : éducateurs révoltés
Protection Judiciaire de la Jeunesse : éducateurs révoltés
Alors qu'un préavis de grève de 24 heures a été lancé, hier, par l'intersyndicale de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), une assemblée générale s'est tenue, dans l'après-midi, à Nancy. Tous protestent contre la réorganisation de ce service qui assure à la fois un volet pénal et éducatif, dans la prise en charge des mineurs délinquants.

Pour moi, faire ce métier était un véritable choix. C’était un engagement, une idée de l’éducation…», confie Sylvie Robinet, éducatrice à la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ)depuis 1992. Aujourd’hui, elle se dit «attristée » par l’évolution actuelle de sa profession qui prend de plus en plus une tournure répressive, au détriment du volet préventif et éducatif, dans la prise en charge des mineurs délinquants. «Sur mandat du juge des enfants, nous intervenons auprès du mineur pour une prise en charge globale de son environnement. On essaye de comprendre pourquoi il a agi ainsi tout en l’aidant ensuite à se réinsérer dans la société
Comme dans d’autres administrations, la réforme des services de l’Etat fait grincer bien des dents. Des départs à la retraite non remplacés, des suppressions de postes, des délocalisations ou mutualisations de services qui ne sont pas forcément du goût de ceux qui, quotidiennement, œuvrent sur le terrain pour tendre la main aux plus jeunes délinquants. «Jusqu’au 31 décembre, je travaillais à l’unité d’hébergement diversifié qui prenait en charge les mineurs et majeurs, dans des studios ou des foyers du jeune travailleur. Mais, le 28 novembre, j’ai appris que mon service fermait », poursuit l’éducatrice, désormais missionnée au centre d’action éducative de la rue Lothaire, à Metz.

«Enfance en danger»

«On a de plus en plus l’impression que la PJJ se recentre sur le pénal. Ça n’est pas un problème en soi sauf si l’on ne s’oriente que vers du tout répressif, au détriment des mesures civiles relatives à l’enfance en danger. Nous avons le sentiment de devenir un Service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip) pour mineurs alors que nous souhaitons vraiment préserver la spécificité de notre action, à savoir l’aspect éducatif de la prise en charge. C’est le cœur de notre métier qui, aujourd’hui, perd de son sens. N’oublions pas qu’un mineur délinquant, c’est avant tout un enfant en danger
«Avec la réforme de l’Etat, on a le sentiment que la volonté est de dégraisser le mammouth. Concernant la PJJ, je dirai plutôt qu’il s’agit de dégraisser le yorkshire, car nous sommes déjà peu nombreux et c’est un réel travail de fourmi. Nous ne sommes qu’une goutte d’eau sur la France entière ! » A l’appel de l’intersyndicale (CGT, CFDT, SNPES-FSU) de la PJJ, les éducateurs se sont réunis, hier, à Nancy, dans les locaux de l’union départementale de la CGT, pour décider des actions à conduire pour faire entendre leur grogne.
Evoquant la situation mosellane de la PJJ, Sylvie Robinet s’exclame : «Les directions départementales sont carrément vidées de leurs attributions pour être délocalisées à Nancy et devenir des directions interrégionales très complexes. Beaucoup de contractuels ont déjà été remerciés. Certes, il s’agit de contrats précaires mais c’est tout de même inadmissible, la manière dont les choses sont faites ! Toutes ces réformes de l’Etat sont menées à la hussarde. Du jour au lendemain, on apprend que l’on ferme des services. Il faut faire comprendre aux gens que ce glissement vers l’aspect uniquement répressif est dangereux. Malheureusement, l’opinion publique ne connaît pas vraiment notre métier

Dossier : Delphine DEMATTE.

Publié le 16/01/2009 (Metz)