PTU : syndicatset usagers réagissent

Publié le 26/02/2010
Le projet de plateau technique unique ne cesse de faire réagir. Après les maires de Forbach et de Saint-Avold, les socialistes de Moselle-Est, c'est au tour de la CFDT, de Sud, mais aussi d'un usager, de prendre la parole.
PTU : syndicatset usagers réagissent
PTU : syndicatset usagers réagissent
Le projet de plateau technique unique ne cesse de faire réagir. Après les maires de Forbach et de Saint-Avold, les socialistes de Moselle-Est, c'est au tour de la CFDT, de Sud, mais aussi d'un usager, de prendre la parole.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 26 Février 2010 / FOR et ST-A

 
Le oui, mais des mineurs CFDT

Dans un communiqué, les mineurs CFDT se positionnent « contre un financement minier du PTU, tant que nous ne serons pas écoutés et entendus ! » Le syndicat fait un retour sur les derniers événements, jugeant que « le gouvernement revient sur les engagements et le décret fondateur du régime minier en remettant en cause le principe de la gratuité des soins...» Du coup, « tant que le gouvernement refusera d'honorer ses engagements envers les personnels, tant qu'il ne rétablira pas la gratuité des soins, tant qu'il bloquera le rattrapage des anciennes pensions minières », la CFDT des mineurs « bloquera la vente de tout patrimoine du régime ainsi que le financement du PTU ! »

Dans le même temps, la CFDT précise qu'elle a milité « depuis le début pour la création de ce Plateau technique unique. Elle a, dès le début combattu les querelles de clocher pour construire un véritable projet qui redonne un ballon d'oxygène à ce Bassin mal en point. Mais, on ne peut traiter avec des interlocuteurs en face de soi qui sont de mauvaise foi. Actuellement leurs réponses sont : décret en catimini un 31 décembre, un refus de l'accord-cadre parce que les Personnels coûteraient trop chers et enfin vendez votre patrimoine pour vous payer la revalorisation des pensions les plus anciennes ! » Aussi, les mineurs et les personnels Carmi CFDT. appellent à « l'unité d'action pour faire entendre raison à nos ministres et nos élus locaux ».

Sud se replie sur l'hôpital public

Le syndicat Sud Santé Sociaux se positionne aussi sur le dossier. Il rappelle d'abord que la subvention de plus de 81 MEUR ne sera versée qu'à plusieurs conditions, comme « la production d'éléments d'informations complémentaires sur la nouvelle configuration du projet », ou encore des « scénarios des cessions d'actifs mentionnant les parts respectives du sanitaire et du médico-social ainsi que sur la synthèse des contrats de retour à l'équilibre financier des différents établissements. Bref, la copie serait à revoir. » Du coup, Sud estime que, pour le plateau technique unique « il n'y a pas d'urgence si les établissements du bassin houiller collaborent de façon honnête, ce dont nous doutons. Nous souhaitons la fusion du CH de Forbach avec celui de Saint-Avold pour que l'Hôpital public soit encore public et offre des soins 'à tous'»

Le syndicat note que « si on injectait ces 80 millions d'euros dans les structures existantes le PTU n'aurait pas lieu d'être. » Dans son communiqué, Sud s'inquiète enfin « de la disparition des hôpitaux de proximité ou autres structures si le PTU devait voir le jour. On fera quoi à Forbach, Saint-Avold et Freyming ? Ce que nous souhaitons : des centres de soins de proximité publics performants mais qui osera imposer cela ? Nous défendons l'hôpital public et le statut public, seul garants des soins à tous. Alors oui à un hôpital public, le nôtre. »

Une lectrice : « Et les patients alors ? »

Enfin, une lectrice, Mme CJ, de Petite-Rosselle, expose son opinion d'usager del'hôpital. « De nombreuses personnes se sont exprimées pour approuver le PTU ou pour s'opposer : maire de Forbach, maire de Saint-Avold, directeur d'Hospitalor, médecins, président de la région, Socialistes, organisations syndicales,... Je trouve navrant que les élus se déchirent au sujet de l'emplacement de cet hôpital, pour des intérêts personnels. Et les patients alors, ceux qui paient, ceux qui sont le plus concernés ? Quand auront-ils droit à la parole ? En tant qu'éventuelle patiente, j'aimerais me faire soigner dans un hôpital en toute confiance. Pour avoir confiance, je demande un bon spécialiste qui fasse le diagnostic juste, un excellent chirurgien qui a de l'expérience, des compétences, des outils de pointe, un espace sécurisé et de confort, et par-dessus tout un lieu où l'humanité est la première qualité. Tout doit aller dans le sens de la qualité des soins premiers. Et un partenariat avec l'Allemagne, ce qui se pratique déjà occasionnellement, ne peut être que bénéfique à l'amélioration des soins des deux côtés de la frontière.

Médecins, chirurgiens, personnel médical... auront envie de rester dans la région car il y a des compétences reconnues, et d'autres auront envie de venir s'y installer, si on met à leur disposition un nouvel outil performant.

Pour la convalescence, partir dans un hôpital de proximité ne me gênerait pas, une fois l'urgence traitée dans les meilleures conditions. Je rejoins l'auteur de l'article 'un hôpital tachycarde' publié dans vos colonnes récemment. Pourquoi ne pas aller dans le même sens, même les patients de Saint-Avold ? Tous, nous avons intérêt à encourager la construction de ce nouvel hôpital chez nous parce que tous nous y serons accueillis un jour ou l'autre et nous serons heureux qu'il soit si proche ».