Qui cédera sur les retraites ?

Publié le 24/09/2010
Hier encore, la plate-forme chimique de Carling Saint-Avold était au ralenti. « On ne lâchera rien sur l'âge légal de la retraite », martèlent les syndicats. Mais le gouvernement se déclare tout aussi inflexible. Qui va l'emporter ?
Qui cédera sur les retraites ?
Qui cédera sur les retraites ?
Hier encore, la plate-forme chimique de Carling Saint-Avold était au ralenti. « On ne lâchera rien sur l'âge légal de la retraite », martèlent les syndicats. Mais le gouvernement se déclare tout aussi inflexible. Qui va l'emporter ?

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 24 Septembre 2010 / STA
 

 

Piquet de grève dès 6 h. Sur la plate-forme chimique de Carling Saint-Avold, le mot d'ordre a été bien suivi hier. Photo Thierry SANCHIS

A la mi-journée hier, c'était à nouveau la querelle habituelle sur les chiffres de participation au mouvement social contre la réforme des retraites. Alors que le gouvernement pointait une baisse du taux de grévistes par rapport à la première journée d'action du 7 septembre, les syndicats rétorquaient que les manifestations, dans tout le pays, rassemblaient autant de monde que le 7, voire davantage.

En tout cas, sur la plate-forme chimique de Carling Saint-Avold, baromètre de la météo sociale dans le bassin naborien, la grogne persiste et les porte-parole des syndicats affichent une détermination sans faille pour combattre le passage de l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans. Les installations étaient à l'arrêt total, ou alors au minimum technique.

Chaque camp se veut inflexible. Comment tout cela va-t-il se terminer ? C'est la question que nous avons posée à deux responsables syndicaux du secteur. Pour la CFDT, Serge Cossutti adopte un ton ferme : « On ne lâchera pas sur les 60 ans. Déjà, nous avons digéré le coup de l'allongement du nombre d'années de cotisation en 2003. Certains de nos adhérents nous le reprochent encore. Cette fois, je nous vois mal céder ».

Question de crédibilité

Serge Cossutti en fait une question de crédibilité : « J'ai un mandat fédéral. Si on ne va pas au bout de la contestation sur ce dossier, je n'aurai plus d'argument face aux membres du syndicat que je représente. Il n'y aura plus de confiance. Si l'issue n'est pas favorable, personnellement, j'aurai mal ».

Mais voit-il le gouvernement, vent debout face au mouvement depuis le début, faire machine arrière, a lors que cette réforme constitue la pierre angulaire de la fin du quinquennat ?

« La base nous demande de durcir nos positions. Moi je pense que s'il faut bloquer la France, comme en 95, on le fera. Trop de gens nous disent qu'il faut arrêter avec les suppressions des acquis sociaux », lance Serge Cossutti, déterminé à assumer le bras-de-fer jusqu'au bout.

Antoine Casula (CGT) se réjouissait, hier en fin d'après-midi, dans le bus du retour de la manif de Metz : « Il y avait plus de monde dans le cortège qu'il y a deux semaines. C'est sûr. De Saint-Avold, nous avons même dû mettre des voitures supplémentaires pour transporter tout le monde ».

La mobilisation demeure mais comment faire reculer un gouvernement qui a déjà fait voter sa loi à l'Assemblée ? « Attention, le passage au Sénat peut entraîner des modifications. Et puis rappelez-vous du CPE. Il était voté et la mobilisation avait fait reculer Juppé », se souvient Antoine Casula.

Et là, sent-il Fillon, Woerth et les autres faire machine arrière ? « C'est encore possible même si on les sent arc-boutés sur leurs décisions. Maintenant, les centrales syndicales vont se retrouver vendredi pour faire le point. Je pense qu'il faut continuer à s'opposer. Si le mouvement s'élargit, nous pourrions faire plier le gouvernement », espère le cégétiste.

Le combat des retraites est loin d'être terminé. Les adversaires se rendent coup pour coup. Il y a du KO dans l'air.

Stéphane Mazzucotelli.