Régime minier : Hollande déjà placé devant ses promesses

Publié le 20/06/2012
Le long feuilleton électoral passé, les syndicats du régime minier sont les premiers à interpeller directement le nouveau pouvoir en place.
Régime minier : Hollande déjà placé devant ses promesses
Régime minier : Hollande déjà placé devant ses promesses
Le long feuilleton électoral passé, les syndicats du régime minier sont les premiers à interpeller directement le nouveau pouvoir en place.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 20 Juin 2012 / FOR /

 

 

Lundi, les troupes de la CFDT défilaient à Metz pour la sauvegarde du régime minier. Dans le même temps, FO optait pour une interpellation par lettre du Président de la République. Photo Marc WIRTZ

Dès lundi matin, ils ont frappé à la porte des députés élus la veille au soir. Dans une opération millimétrée, les représentants de la CFDT mineurs ont organisé une tournée des permanences parlementaires à Sarreguemines, Forbach ou Saint-Avold afin de remettre un document à Céleste Lett, Laurent Kalinowski et Paola Zanetti. Document dans lequel il est demandé la remise à plat totale du dossier du régime minier. Ce régime spécifique de sécurité sociale a fait l'objet de plusieurs décrets, très décriés, durant la mandature de Nicolas Sarkozy. Le précédent gouvernement a acté la fonte progressive du régime minier dans le régime général à l'horizon 2013.

Aujourd'hui, les syndicats des anciens mineurs entendent profiter de l'installation du nouveau pouvoir socialiste pour réclamer « la fin du démantèlement du régime de sécurité sociale des anciens mineurs et de leur famille ». La CFDT a d'ores et déjà l'intention de mettre François Hollande face à ses promesses récentes à ce sujet.

Avant les primaires au sein du PS mais aussi lors de sa venue à Forbach le 4 mai, veille de son élection à l'Elysée, le candidat socialiste avait alors considéré que le rétablissement du régime minier répondait à un souci de justice envers une corporation qui a participé au relèvement de la France après-guerre.

Les syndicats, aujourd'hui, espèrent donc que les paroles se transforment en actes concrets.

Emmanuel Magno, FO mineurs, a lui aussi pris la plume dès lundi matin pour s'adresser directement au chef de l'Etat. « Le Président a fait naître l'espoir au sein de la corporation minière. FO pense qu'au regard du faible nombre de nos assurés (120 000 au plan national) et de la chute naturelle des effectifs (environ 6 % par an), le régime spécial doit pouvoir être maintenu afin d'accompagner notre population marquée par la pénibilité de l'emploi, les accidents du travail et les maladies professionnelles d'une gravité sans pareille », estime M. Magno.

C'est constitutionnel

Au-delà des affiliés du régime, les syndicats s'inquiètent également pour les personnels des établissements de soin du régime qui bénéficie aussi d'un statut à part.

« FO s'en remet au Président afin qu'il soit très rapidement recherché les moyens de préserver les activités existantes comme les droits des personnels, qu'ils soient du secteur public ou privé », poursuit le porte-parole FO mineurs.

Force ouvrière avait d'ailleurs formulé un recours contre le décret du 31 août 2011 portant sur la réorganisation de la sécurité sociale dans les mines « pour une question de constitutionnalité ». Mais ce lundi, le Conseil d'Etat a débouté le syndicat. « Nous allons confier l'analyse de ce jugement à nos juristes », indique Emmanuel Magno.

S.M.