Règlements de comptes qui finissent à l'hôpital

Publié le 09/05/2012
Ce ne sont plus les 15000 t qui s'échappent du carnet de commandes florangeois mais aujourd'hui 70 000 t depuis le début de l'année qui inquiètent les syndicats. En guise de réponses, coups et approximations ont été donnés.
Règlements de comptes qui finissent à l'hôpital
Règlements de comptes qui finissent à l'hôpital
Ce ne sont plus les 15000 t qui s'échappent du carnet de commandes florangeois mais aujourd'hui 70 000 t depuis le début de l'année qui inquiètent les syndicats. En guise de réponses, coups et approximations ont été donnés.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 05 Mai 2012 / Région /

 

 

Des échauffourées ont éclaté, hier, alors que les militants ont tenté une énième réunion avec la direction. Photo Pierre HECKLER

Une réunion s'est tenue ce vendredi 4 mai, à la demande des organisations syndicales, à la suite d'informations concernant l'affectation d'une partie des commandes de clients de l'activité packaging. La direction de Florange a rappelé que ces affectations s'inscrivaient dans les processus de répartition des commandes, tenant compte des équilibrages de charges des lignes en activité de la division Nord dans un contexte de chute du carnet export. Dans cette répartition, la ligne d'étamage 3 de Florange est chargée au maximum de ses capacités en quatre équipes. Tombé hier soir peu après 20h, ce laconique et désincarné communiqué de la direction d'ArcelorMittal France, fort ressemblant au précédent (lire nos précédentes éditions), fera bondir à nouveau les centrales syndicales. Elles qui ont mouillé la chemise pendant des semaines pour obtenir des réponses précises quant au devenir du site florangeois resteront cette fois encore sur leur faim. Surtout que la journée de vendredi a déjà failli mettre les Grands Bureaux en état de siège, alors que direction et militants étaient réunis en comité d'entreprise extraordinaire.

Le chemin jusqu'à la salle de réunion a été semé d'embûches, de heurts et de mots fleuris échangés entre les gardes privés des dirigeants et les quelque 200 manifestants. Deux blessés parmi les syndicalistes prendront rapidement la direction de l'hôpital Bel-Air de Thionville. « On est obligé d'encaisser des coups pour discuter avec notre patron, s'emporte Frédéric Weber, de la CFDT. La facture est chère. »

Pour Jean Mangin, de la CGT, « le constat est édifiant. La direction organise la raréfaction des commandes. Elle n'a qu'une vision de rentabilité à très court terme. Nous savons tous que planent de fortes menaces sur la filière packaging. Qu'elle nous le confirme. »

Le projet Ulcos apparaît bien lointain

Face à ces interrogations, le directeur du site florangeois n'a pas sourcillé. Plutôt pas très à l'aise en début d'entretien, Thierry Renaudin finira par retirer veste et cravate, au terme d'un long échange avec les salariés. A peine concédera-t-il que « le carnet de commandes n'appartient pas au site florangeois », et qu'il appartient à la Baie du Nord « de les distribuer ».

Sous-traitants en difficultés ou découragés, clients perdus, installations qui manqueraient d'entretien, les quatre millions nécessaires indispensables à l'étude des sols pour lancer le projet Ulcos, devenu bien lointain... Autant de questions qui ont manqué de contenu dans les répliques, selon les syndicats.

A ce jour, il n'y a pas pléthore de scénarios qui se dessinent à Florange. La métallurgie lorraine se meurt. Sous les yeux de tous, du simple salarié jusqu'aux plus hautes sphères.

 

Emmanuel CORREIA.