Réponses précises exigées

Publié le 01/10/2012
Jean-Marc Vecrin, délégué syndical central CFDT, sera aujourd'hui à Paris l'un des représentants des salariés à siéger au CCE d'ArcelorMittal.
Réponses précises exigées
Réponses précises exigées
Jean-Marc Vecrin, délégué syndical central CFDT, sera aujourd'hui à Paris l'un des représentants des salariés à siéger au CCE d'ArcelorMittal.

© Le Républicain Lorrain, Lundi le 01 Octobre 2012 / Région /

 

 

Jean-Marc Vecrin. Photo Philippe NEU

La fermeture et la cession des deux hauts fourneaux de Florange figurent-elles à l'ordre du jour du comité central d'entreprise convoqué aujourd'hui à Paris ?

Jean-Marc VECRIN : « Non, c'est un ordre du jour classique sur la situation économique de la société. Ils vont vouloir comme d'habitude parler pendant deux heures de ce qui va mal, de la crise, de la croissance pas bonne... Le baratin habituel ».

Allez-vous bousculer l'ordre du jour ?

« Non, nous avons des questions précises : Est-ce que la date de la fermeture de la filière liquide est arrêtée ? Si oui, est-ce qu'un PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) est prévu ? Est-ce que la direction laisse un laps de temps, deux ou trois mois, à l'État pour trouver un repreneur ? ».

Espérez-vous des réponses précises ?

« Nous les exigeons, car nous en avons assez. Il n'y a rien de pire que de ne pas savoir et cela fait quatorze mois que cela dure ».

Croyez-vous au scénario du repreneur ?

« Un repreneur, c'est une bonne idée... Mais de la filière complète. J'ai du mal à comprendre l'intérêt en plus si Mittal conserve la cokerie. Cela a plus de sens si on prend l'ensemble, à moins que la filière à froid de Mittal reprenne les brames du repreneur ou alors un gros contrat avec ThyssenKrupp par exemple. »

Que pensez-vous de l'attitude du gouvernement ?

« Je faisais partie de la délégation reçue par le Président de la République à l'Élysée. François Hollande avait l'air sincèrement préoccupé par le problème, il était à la fois très impliqué mais aussi très réaliste. Il nous a répété plusieurs fois que Lakshmi Mittal était quelqu'un de très puissant ».

Que pensez-vous de l'attitude de Lakshmi Mittal ?

« Pour lui, c'est tout bénéfice, le PSE est financé jusqu'au 31 décembre. Le temps joue pour lui. D'ailleurs, il reste silencieux, il ne bouge pas. C'est trop facile, il faut arrêter de lui dérouler le tapis rouge. Il faut tout de même savoir qu'à Florange pendant que des collègues sont au chômage technique d'autres sur le même site alignent des heures supplémentaires comme jamais ».

Si vous n'obtenez pas de réponse, que va-t-il se passer ?

« Depuis 14 mois, nous sommes irréprochables, nous avons été très sages... Mais si on continue à se moquer de nous, cela peut faire mal, le TGV arrêté, à côté, c'est de la rigolade... s'il faut faire comme les mineurs, il y a vingt ou trente ans, et bien on le fera ».

P. R.