Reprise de coulée dans l'ombre des salaires

Publié le 05/02/2011
Gilet rouge pour les uns, orange pour les autres. Accessoirement, quelques drapeaux et porte-voix passent de mains en mains. Il est 8h45 en ce mardi matin et, devant le portier des Grands Bureaux, à Florange, l'appel à mobilisation lancé par les syndicats est à l'image du temps : mitigé.
Reprise de coulée dans l'ombre des salaires
Reprise de coulée dans l'ombre des salaires
Gilet rouge pour les uns, orange pour les autres. Accessoirement, quelques drapeaux et porte-voix passent de mains en mains. Il est 8h45 en ce mardi matin et, devant le portier des Grands Bureaux, à Florange, l'appel à mobilisation lancé par les syndicats est à l'image du temps : mitigé.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 05 Février 2011 / THI
 
Certains ont débrayé à l'agglomération, à l'étamage, à Elsa, aux fours à coke mais pas plus de deux cents personnes ont assisté à la prise de parole des syndicats, hier aux Grands Bureaux. Pourtant, la reconnaissance salariale est sur toutes les lèvres. Photo Pierre HECKLER

Pourtant chez ArcelorMittal Atlantique et Lorraine en ce moment, la question des négociations salariales est LE sujet de préoccupation. Des militants de la base aux cadres les plus mesurés, tout le monde tente de tirer quelques marrons du feu. « Selon les organisations syndicales, on demande entre 3 % et 3,5 % de revalorisation. Personnellement, et très sérieusement, je ne pense pas que cela mettrait la société en danger », indique François Pagano pour la CFE-CGC. Surtout, « un minimum de reconnaissance s'impose alors que nous avons fait énormément d'efforts depuis deux ans », estime la CFDT.

Les salariés ont des arguments avec eux : entre l'évasion volontaire des effectifs, les intérimaires que l'on n'a pas remplacés et les départs en retraite non suppléés, « la charge de travail retombe automatiquement sur les épaules de ceux qui restent ». Un opérateur du recuit continu explique : « Chez nous, tout le monde est polyvalent. C'est ce qu'a visé la direction à un moment. On voit le résultat : les équipes travaillent en effectif complètement réduit, parfois à la moitié de ce qu'elles devraient être ». C'est un exemple « mais il en existe à tous les niveaux de l'entreprise ». « La pratique est bien loin de ce qui est écrit sur le papier, renchérit un collègue. Et là, tout le monde joue le jeu : les gars des bureaux comme ceux du terrain. Finalement, personne ne peut se résoudre à ne pas faire tourner les installations quand il le faut », et encore moins lorsque la demande repart, comme c'est le cas en ce moment.

Hier à Paris, direction et représentants du personnel ne sont pas tombés d'accord sur les augmentations de salaires. Tout compris, « on nous propose +2,7 % et une prime de 400 EUR si on dit oui. Signer ça, c'est dire oui à la précarité ; c'est hors de question ! », dit Yves Fabbri, pour la CGT.

Un nouveau rendez-vous est fixé mercredi. D'ici là, chaque centrale syndicale aura préparé sa ligne de défense. La veille à Luxembourg, Lakshmi Mittal aura annoncé les résultats annuels du groupe. « J'espère qu'après ça, on nous lâchera quelque chose de correct, sans quoi le fossé d'incompréhension risque de se creuser », pronostique le secrétaire de la CFE-CGC.

Textes Lucie Bouvarel et Chrystelle Folny.