Retraites : FO pour la grève interprofessionnelle

Publié le 15/09/2010
Pour Michèle Biaggi, secrétaire confédérale de F0, hier à Metz, l'indépendance de la centrale et le refus de la réforme ne se négocient pas.
Retraites : FO pour la grève interprofessionnelle
Retraites : FO pour la grève interprofessionnelle
Pour Michèle Biaggi, secrétaire confédérale de F0, hier à Metz, l'indépendance de la centrale et le refus de la réforme ne se négocient pas.

Le Républicain Lorrain, Mercredi le 15 Septembre 2010 / IG
 

 

la secrétaire confédérale propose à ses troupes d'engager un cycle de grèves reconductibles. Photo Pascal BROCARD

Double enjeu pour FO en cette rentrée. Le refus catégorique du projet de réforme des retraites va de pair avec la nécessité de réaffirmer l'indépendance de la ligne du syndicat piloté par Jean-Claude Mailly. A écouter Michèle Biaggi, hier face aux adhérents mosellans réunis au centre familial social et culturel de Metz-Magny, on pourrait même se demander si FO revendique toujours sa place au sein de l'intersyndicale préfigurant la mobilisation du 23 septembre. « J'ai entendu le secrétaire général de la CGT taper sur le dos de FO à la fête de l'Huma et dire que nous étions des briseurs de grève » s'offusque la secrétaire confédérale en charge des relations intersyndicales sur les retraites.
Coup de griffe

Laquelle s'empresse tout de même de revenir aux fondamentaux :« Non, camarades, ce n'est pas le moment de baisser les bras. Le combat n'est pas fini. Ce projet de loi ne doit pas passer. Pourquoi ne pas envisager une grève interprofessionnelle ? » s'interroge ainsi Michèle Biaggi en considérant que le cortège « des processions » montre ses limites. Là encore, le coup de griffes vise la CGT et la CFDT, soupçonnées de se faire une santé sur le dos de FO au profit de la loi sur la représentativité syndicale pénalisant les centrales plus petites, au premier rang desquelles FO fait figure de grande perdante. « Nous, nous voulons garder notre liberté de parole et d'action et nous ne faisons la course contre personne », entonne Michèle Biaggi. Laquelle déplore « le manque de réactivité et le caractère tardif de l'appel à cette nouvelle mobilisation, imposé par la CGT et la CFDT au niveau national ». « Nous devons dépasser ce stade de manifs à répétition », aiguillonne la secrétaire confédérale en proposant à ses troupes d'enclencher la vitesse supérieure en engageant un cycle de grèves reconductibles. Le scénario d'une grève générale, avec à la clé la paralysie du pays ? L'intéressée nuance : « Je préfère le terme de grève interprofessionnelle public/privé. Celui de grève générale fait référence à une situation de crise exceptionnelle... L'important c'est d'obtenir enfin le retrait de ce projet de loi et l'examen de nos propositions alternatives basées sur un élargissement de l'assiette de cotisations des retraites à d'autres ressources que celles du travail ».

X. B.