Robert Invernizzi, 50 ans au service de la sidérurgie

Publié le 13/04/2010
Robert Invernizzi, toute une vie au service de la sidérurgie et la mémoire à fleur de peau.
Robert Invernizzi, 50 ans au service de la sidérurgie
Robert Invernizzi, 50 ans au service de la sidérurgie
Robert Invernizzi, toute une vie au service de la sidérurgie et la mémoire à fleur de peau.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 13 Avril 2010 / THI /

 
Robert Invernizzi vient de prendre sa retraite après cinquante ans de bons et loyaux services dans la sidérurgie. Son histoire est indéniablement liée à celle de la sidérurgie dans la vallée de la Fensch. A l'heure de la mondialisation et des délocalisations, il nous sert son récit. Un récit que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître comme l'a chanté Aznavour en d'autres circonstances. Mais qu'il est urgent de rappeler.

En 1959, Robert Invernizzi entre au centre Eugène-Velay comme apprenti. « C'était l'âge d'or de la sidérurgie, de la croissance économique et du déficit démographique. Le chômage était inexistant. La sidérurgie c'était la voie classique pour la plupart des jeunes de la vallée. » Robert entame ainsi une carrière qui l'amènera de l'atelier central mécanique au train à chaud où il finira sa carrière comme technicien de fabrication.

Entre ces deux postes, il sera nommé au Centre de travail adapté (CAT) où il s'occupe de la réinsertion des handicapés mentaux et des accidentés du travail. Une expérience formidable qu'il cite en exemple. « Cette structure est un outil d'intégration exemplaire. À l'époque, la société prenait en main les handicapés plutôt que de les laisser pour compte. Ils effectuaient des travaux adaptés et rendaient service à la société. »

Début des années 1970 c'est le tournant, la fin de la croissance et le début de la crise. Robert prend conscience de la nécessité du combat syndical, il adhère à la CFDT. « C'était une période, riche humainement, mais avec des combats, parfois très durs contre les licenciements et les restructurations. » Le Hayangeois saisit la nécessité de prolonger le combat au-delà du cercle de l'entreprise et commence à militer au sein du Parti socialiste.

Il est nommé président du centre social de Saint-Nicolas-en-Forêt, et vice-président de la Fédération thionvilloise des centres sociaux De cette période, il garde des moments forts.

Après cinquante ans d'activité, Robert confie avoir vécu des grands moments à Sollac. Autant il regrette ses camarades de travail autant il est pessimiste pour les jeunes qui se retrouvent dans une société à l'antipode de son vécu. A Marspich, pas très loin des usines, Robert, témoin d'un passé flamboyant qui a contribué à l'épopée industrielle de la Lorraine, vit sa retraite paisiblement.

Maintenant c'est la lecture de ses magazines préférés, sa femme, ses enfants et petits-enfants qui accaparent son temps et son bonheur.