Safe : les salariés veulent y croire

Publié le 09/01/2011
Depuis la fin de l'année dernière, les 330 salariés de Safe Automotive, société qui sous-traite des pièces automobiles pour Renault à Hagondange, tendent le dos.
Safe : les salariés veulent y croire
Safe : les salariés veulent y croire
Depuis la fin de l'année dernière, les 330 salariés de Safe Automotive, société qui sous-traite des pièces automobiles pour Renault à Hagondange, tendent le dos.

© Le Républicain Lorrain, Dimanche le 09 Janvier 2011 / MTZ

Leur salaire de décembre n'a pas été versé et leur emploi au sein de l'entreprise, en situation de cessation de paiement, n'est plus garanti (lire RL des 4 et 6 janvier). En effet, face à la mauvaise situation financière de la société - plus de 5 M EUR de perte par an -, l'actionnaire allemand a récemment décidé de la vendre.

« L'actionnaire a d'abord confié l'exclusivité de la vente à un groupe français important qui travaille aussi pour Renault. Cette société a fait un audit et décidé, en fin d'année 2010, que la reprise n'était envisageable qu'après un dépôt de bilan afin de ne pas payer le passif », explique Me Pierre Bayle.

Me Bayle a été nommé administrateur judiciaire le 5 janvier par la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Metz, dans le cadre d'une procédure de redressement judiciaire de la société. « Aujourd'hui, nous sommes dans une période d'observation », indique l'administrateur, qui devrait fixer prochainement la date de remise des offres des différents repreneurs. « Le Français est toujours sur les rangs. Il y a peut-être un repreneur allemand. On va faire de la publicité sur les sites internet nationaux et internationaux pour tenter d'élargir l'offre », poursuit-il. Vendredi, Me Bayle a longuement rencontré les salariés sur le site de Safe Automotive.

Les salaires payés cette semaine ?

Ces derniers sont sortis de la réunion « un peu plus optimistes », selon un représentant de l'Intersyndicale CGT-CFDT. « Je leur ai dit que les clients de l'entreprise ne nous abandonnaient pas. Ils n'ont aucun intérêt à voir disparaître Safe Automotive ». En outre, il leur a assuré que les salaires de décembre seraient versés via le Fonds de garantie, « probablement cette semaine ». La question des emplois a été abordée également. Mais l'avenir reste flou. Si la société est reprise, « il y aura nécessairement une restructuration. On renégociera les prix avec les clients, on augmentera la productivité avec une compression des charges », commente l'administrateur. Et donc des effectifs. Ainsi, les « quarante intérimaires ne seront pas gardés. Il y aura certainement des mesures d'accompagnement vers le départ mais à des conditions peu intéressantes ».

Quoi qu'il en soit, la procédure « doit être bouclée dans un délai raisonnable pour ne pas gréver un peu plus la situation financière de l'entreprise, appuie Me Bayle. On espère que le tribunal pourra statuer avant le 15 avril... »

Céline KILLÉ.