Sage-femme en quête de reconnaissance

Publié le 05/10/2011
Hier, dans le cadre du mouvement national des sages-femmes, la CFDT Santé-Sociaux de la Moselle et l'école des sages-femmes de Metz ont organisé, rue Serpenoise, à Metz, un rassemblement transpartisan, histoire de mobiliser les professionnelles qui n'ont pas pu manifester à Paris.
Sage-femme en quête de reconnaissance
Sage-femme en quête de reconnaissance
Hier, dans le cadre du mouvement national des sages-femmes, la CFDT Santé-Sociaux de la Moselle et l'école des sages-femmes de Metz ont organisé, rue Serpenoise, à Metz, un rassemblement transpartisan, histoire de mobiliser les professionnelles qui n'ont pas pu manifester à Paris.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 05 Octobre 2011 / MTZ /

Danièle Bryszkowski exerce depuis 1984. « Mon métier est passionnant. Il faut l'aimer, sinon on ne le fait pas ! » Photo Maury GOLINI

Sages-femmes et élèves sages-femmes sont allées à la rencontre des Messins, hier, afin de les renseigner sur leur profession qu'elles estiment peu reconnue par l'État. Parmi elles, Danièle Bryszkowski, du CHR Metz-Thionville.

Leur objectif : sensibiliser les Messins à leurs revendications et valoriser leur métier. Une mission que défend Danièle Bryszkowski, sage-femme au CHR Metz-Thionville, diplômée d'État en 1984. « À l'époque, j'ai passé le concours en trois ans, explique Danièle. J'ai toujours voulu être sage-femme dans un hôpital. La durée des études et l'aboutissement à ce métier me correspondaient bien. Je me souviens, une jeune sage-femme qui commençait gagnait 7 000 francs, alors que le Smic était à 5 000 ».

Une vraie profession médicale

Presque trente ans après, la profession a fortement évolué et le constat est différent : « La rémunération n'est plus à la hauteur de nos responsabilités. On a le droit de prescription, nos compétences augmentent régulièrement et les salaires ne bougent pas. Une jeune démarre à 1 600 EUR. Nous sommes toujours considérées comme des paramédicaux, alors que nous sommes une vraie profession médicale, à l'image des médecins et des chirurgiens-dentistes ».

Autre sujet de crispation : la reconnaissance du diplôme. Pour être diplômé, l'étudiant doit, aujourd'hui, avoir effectué la première année de médecine et quatre années à l'école de sages-femmes. « Logiquement, ils sont dans un cursus LMD, c'est-à-dire bac + 5. Mais ils ne sont pas reconnus comme tels », regrette Danièle qui pointe aussi du doigt les conditions de travail. « Le problème, sur le terrain, est que les petites maternités ont fermé pour créer de grosses structures avec de fortes activités. Nous travaillons dans de grands centres avec de la pathologie, mais, du coup, nous n'avons plus le temps pour assurer l'accompagnement des couples ».

Pour autant, la sage-femme ne regrette rien. « Il faut de la passion et de l'amour pour faire ce métier. J'essaie de coller le plus possible aux désirs des jeunes mamans. Dans un monde idyllique, il faudrait une sage-femme par famille. C'est impossible, mais on pourrait quand même aménager certaines choses... De la préparation à l'accouchement jusqu'à l'accompagnement postnatal, nous sommes toujours présentes. Petit à petit, les futurs parents apprennent à nous connaître. Longtemps, ils nous ont cru infirmières ».

Exigeante, la profession implique des gardes de douze heures. « C'est dur, mais j'aime ce rythme », conclut Danièle, qui désespère toutefois de ne pas voir sa prime de nuit augmenter. Elle est toujours de 9 EUR...