Sécofab : carnet de commandes plein

Publié le 06/04/2012
Un carnet de commandes plein pour un an. Aujourd'hui pleinement redressée, la société Sécofab tourneà plein régime. Chantier symbolique : elle construit le futur pont qui doit enjamber la Seille à Metz
Sécofab : carnet de commandes plein
Sécofab : carnet de commandes plein
Un carnet de commandes plein pour un an. Aujourd'hui pleinement redressée, la société Sécofab tourneà plein régime. Chantier symbolique : elle construit le futur pont qui doit enjamber la Seille à Metz

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 06 Avril 2012 / SRG /

 
 
Sa longueur ? Quarante mètres. Son poids ? Quatre-vingts tonnes. A Sarralbe, Sécofab construit un nouveau monstre d'acier. Le futur pont qui doit enjamber la Seille, à Metz, le long du talus de chemin de fer. La structure, qui sera équipée d'un encadrement piéton-cycliste, aidera à relier la voie rapide est, le quartier de l'amphithéâtre et, à terme, la rocade sud de la capitale mosellane. Les deux poutres sont fabriquées pour l'instant l'une à côté de l'autre. Lors du montage à blanc, elles seront placées dans leur position finale.
Carnet de commandes plein pour un an

Les ateliers ne désemplissent pas. « Au niveau des bâtiments, on est au taquet, avoue Jacques Ducaruge, directeur général du groupe Sotralentz, actionnaire unique de la société sarralbigeoise. Le carnet de commandes de l'aléseuse est plein pour un an. Elle tourne en 4-8. On parle même de faire du 5-8. Elle fonctionne tous les samedis. » Hors norme, la machine permet de perforer des pièces allant jusqu'à 5 mètres de hauteur, 20 mètres de longueur, pesant jusqu'à 70 tonnes, d'en calibrer avec précision les dimensions... Les outils et les têtes sont changés automatiquement pour assembler, sur place, les très grandes pièces. Et non à l'extérieur, comme par le passé.

Avec 180 salariés, Sécofab, qui a failli mettre la clé sous la porte, a de nouveau la tête haute. La société, qui a toujours été dans le rouge, a fait des bénéfices en 2009 et 2010. « Nous sommes encore dans le vert en 2011, annonce Jacques Ducaruge. Nous dépassons le million d'euros de résultat. La société est aujourd'hui pleinement redressée financièrement. » Frédéric Schlesser, délégué CFDT, reprend : « Pour la deuxième année consécutive, nous touchons de la participation. Notre filiale gagne de l'argent les deux premiers mois de cette année. »

Surtout que l'activité ne faiblira pas de sitôt. L'industriel Mittal a signé plusieurs commandes fermes, jusqu'en 2013. L'usine a obtenu l'agrément SNCF. Elle vise désormais des chantiers de la future ligne du TGV Atlantique. A Drulingen, Sotralentz a déjà fabriqué les treillis du tunnel de Saverne en cours de construction sur la ligne du TGV vers Strasbourg. « Nous gardons nos objectifs, ajoute le responsable. Nous n'avons pas identifié de secteurs où le chiffre d'affaires peut baisser. »

Encore des embauches en vue

Trois vagues d'embauches ont eu lieu l'an dernier. Trente-quatre personnes ont été recrutées. D'autres doivent encore suivre. « Nous avons entre cinquante et soixante intérimaires, continue le directeur général de Sotralentz. Nous sommes prêts à les embaucher de suite. L'intérim est utile pour palier un pic d'activité. Mais un tel niveau ne nous satisfait pas. » Le hic : les soudeurs et les usineurs ne se bousculent pas au portillon.

De son côté, Frédéric Schlesser, délégué CFDT, affirme : « Le problème, c'est que d'autres entreprises ont des salaires supérieurs. Des employés sont partis à cause de cela. Il faudrait une autre politique salariale. On donne à l'entreprise, on doit avoir un retour. » Les négociations salariales doivent débuter en mai. Le métier a aussi mauvaise presse. « Dans l'inconscient collectif, s'étonne Jacques Ducaruge, les soudeurs ont mauvaise réputation. Ils gagnent pourtant autant qu'un enseignant. »

Revers de la médaille, pour faire face à la demande, Sotralentz doit se développer ailleurs. « Nous sommes en limite de capacité à Sarralbe et à Drulingen », affirme le responsable. Sotralentz a donc acquis Sfar et Civad situés à Montchanin (Saône-et-Loire). Les deux sociétés spécialisées dans l'usinage de précision et la mécano-soudure permettront d'augmenter ses capacités de production et de compléter son offre dans le domaine de l'usinage de précision.

Avec près de 80 % de ses fabrications destinées à l'export, le groupe évolue sur des marchés en plein développement comme la fabrication de tunneliers, de pelles hydrauliques pour l'industrie minière, d'équipements pour l'industrie pétrolière et le nucléaire, de broyeurs de cimenterie, d'éléments d'ouvrages d'art. « Nous travaillons sur ce rachat depuis quatre ans, avoue Jacques Ducaruge. Nous avons toujours eu la volonté de nous rapprocher des zones fluviales. Ce site exceptionnel près du Creusot a un accès facile. Tous les ponts sont déviés. La région a aussi une culture industrielle, un savoir-faire. »

Ce rachat a un avantage pour le site de Sarralbe : même après les commandes du géant Mittal, il peut conserver tous ses clients.

Jonathan BREUER.