Secofab grévistes déterminés

Publié le 30/05/2012
Au 5e jour de grève, il y a eu négociations, hier, chez Secofab. Mais les propositions de la direction, trop faibles pour les salariés, ont été refusées par les syndicats. Qui maintiennent le mouvement, jour et nuit.
Secofab grévistes déterminés
Secofab grévistes déterminés
Au 5e jour de grève, il y a eu négociations, hier, chez Secofab. Mais les propositions de la direction, trop faibles pour les salariés, ont été refusées par les syndicats. Qui maintiennent le mouvement, jour et nuit.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 30 Mai 2012 / SRG /

 

 

Chez Secofab, l'usine tourne au ralenti depuis huit jours, faute de soudeurs. Photo archives RL

Si leurs homologues de Drulingen ont fini par céder, levant le mouvement de grève pour retourner à la table des négociations, les salariés de Secofab, à Sarralbe, ne lâchent pas l'affaire ! Et l'accord signé par les Alsaciens de Sotralentz ne les y incite pas... Ils réclamaient 7 % d'augmentation, ils ont cédé à 1,4 % d'augmentation générale (AG) et 0,3 % en individuel (AI).

Hier, à Sarralbe, les choses étaient différentes... La direction a décidé de faire venir des intérimaires supplémentaires pour remplacer les grévistes. Pas du goût de la CFDT, qui a immédiatement alerté l'inspectrice du travail. Et les intérimaires sont repartis. Une délégation de Druligen s'est déplacée pour reprendre les négociations. Passant de 1,9 % à 2,2 % en AG et 0,5 % en AI. « L'intéressement est rouvert, avec une prime de 900 EUR », confie Frédéric Schlesser (CFDT). La direction ajoute une clause de revoyure si l'objectif de production est atteint, autrement dit si le retard induit par la grève est comblé. Mais les responsables syndicaux n'ont pas trouvé cette offre assez alléchante et les dirigeants sont repartis direction l'Alsace. Pour Mélanie Bard, chargée de communication du groupe Sotralentz, « la position de la direction n'a pas changé. Tant qu'il n'y a pas de reprise du travail, les négociations sont stoppées », même si des « discussions peuvent être en cours ».

3 %, pas moins

« Nous sommes fermes, nous voulons 3 %. », explique Frédéric Schlesser. « Sur les cinq dernières années, nous avons accepté des accords à minima. Sur 5 ans, nous avons perdu 4,5 % par rapport au pouvoir d'achat. » Alors que dans le même secteur, mais en Allemagne, « IG metal vient de signer un accord à 4,3 % », ajoute Didier Getrey, secrétaire métallurgie Moselle. « Nous voulons aussi que les jours de grève soient payés, mais la direction s'y oppose. On a proposé de faire quelques samedis supplémentaires, pour compenser », et assurer l'objectif de production, mais là encore, ça coince, car le groupe ne veut pas payer les 25 % de majoration pour heures supplémentaires. « Certains salariés voulaient 'laisser' les 25 %, mais légalement, ça n'est pas possible. »

95 % des salariés sont en grève selon les syndicats, une soixantaine selon la direction. Du coup, l'usine tourne au ralenti et de l'extérieur, on n'entend pas le moindre coup de marteau, pas la moindre meuleuse. « Les salariés perdent de l'argent en étant en grève, mais l'entreprise aussi. » La CFE-CGC rappelle qu'une « majorité des salariés gagne moins de 10-EUR de l'heure en tant que personnel qualifié et recherché sur le marché de l'emploi ». Et appelle la direction à revenir à la raison. Jeudi, un client doit récupérer 18 pièces, mais soit le blocage continue et il n'aura pas accès au site, soit les pièces ne seront pas prêtes... « Les dirigeants se sont payé de grosses berlines. S'ils les vendent, ils peuvent nous donner 4 % », a lâché un des grévistes. « S'il faut durcir, on durcira le mouvement », lance Didier Getrey. Et Frédéric Schlesser de rebondir : « On attend les élus. On est en période de législatives, et il n'y en a pas un pour nous soutenir. » Secofab emploie actuellement 170 CDI et 65 à 70 intérimaires. Qui donneront encore de la voix aujopurd'hui, devant l'usine...

Michel LEVILLAIN.