Sécofab : un accord signé hier soir

Publié le 31/05/2012
Depuis une semaine, les salariés de Sécofab, à Sarralbe, étaient en grève. Ils ont voté hier après-midi à l'unanimité la poursuite du mouvement, avant de signer un accord avec la direction en soirée. Le travail a repris.
Sécofab : un accord signé hier soir
Sécofab : un accord signé hier soir
Depuis une semaine, les salariés de Sécofab, à Sarralbe, étaient en grève. Ils ont voté hier après-midi à l'unanimité la poursuite du mouvement, avant de signer un accord avec la direction en soirée. Le travail a repris.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 31 Mai 2012 / SRG /

 

 

A l'unanimité, les grévistes ont voté hier après-midi la poursuite du mouvement. Avantde signerun accorden débutde soirée avec la direction. La grèveest terminée. Photo RL

L'accord a été conclu par les syndicats et la direction vers 20 h. Il signe la fin d'une semaine de grève pour les salariés de Sécofab, une entreprise spécialisée dans la fabrication de pièces métalliques de gros gabarit, à Sarralbe. Pourtant, le déroulement de la journée d'hier ne laissait, de prime abord, pas penser à un tel dénouement. A 14 h 30, les salariés votaient à l'unanimité, la poursuite du mouvement entamé mardi dernier. Avec les mêmes revendications : une augmentation générale des salaires de 3 %. Et pas moins.
2,2 % d'augmentationau final

Depuis une semaine, le mouvement s'était organisé. Les grévistes se relayaient aux portes de l'entreprise. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre quasiment. Ils tenaient le piquet et les barrages filtrants. Les tentes étaient dressées, avec barbecue et boissons au frais. Hier soir, ils ont pu lever le piquet, démonter leur camp de base. Même si « nos revendications ne sont pas satisfaites à 100 % », souligne Patrick Meichel, délégué CFE-CGC.

Ces derniers ont accepté une proposition de la direction, avec une augmentation générale des salaires de 2,2 %, ainsi qu'une prime de 30 EUR si l'entreprise ne respecte pas le délai de prévenance pour les heures supplémentaires effectuées le samedi ou pour un changement de poste (et pour lesquels les salariés doivent être prévenus deux jours à l'avance). Les 'Sécofab' ont également obtenu l'ouverture de discussions sur l'intéressement, et des indemnités kilométriques dès le premier kilomètre.

Enfin, ils ne subiront pas de perte de salaire à cause des jours de grève. Un dernier point essentiel, qui a fait pencher la balance lors des négociations entre syndicats et direction. Car depuis une semaine, les salariés n'étaient pas payés. « On a l'habitude de nous serrer la ceinture, avouait pourtant un employé dans l'après-midi. On doit compter les centimes, tous les mois. On n'est donc plus à ça près. » Ils sont alors réconfortés par leurs représentants syndicaux, Didier Getrey, responsable régional de la CFDT-métallurgie, et Gilles Hemmerling, président de la CFE-CGC-métallurgie Lorraine. La CFDT comptabilise plus de la majorité des employés de Sécofab, la CFE-CGC quelques-uns. Des salariés ayant mené « une grève exemplaire, avec une forte cohésion et une discipline du groupe de salariés », dixit Patrick Meichel. « Mais le conflit ne pouvait pas s'éterniser, les conséquences financières auraient pu être graves pour certains. » L'accord signé, le travail a repris dans la foulée. Avec un rythme de croisière à retrouver.

La production a été ralentie

Car pendant la grève, la production a été ralentie. « Il y a des retards dans la fabrication et la livraison de pièces, avoue Mélanie Bard, directrice de la communication de Sotralentz, groupe auquel appartient Sécofab. Mais nous avons pu continuer à avancer avec les personnes qui travaillent et les intérimaires. » Et contrairement à ce que nous indiquions hier, la direction n'a nullement eu l'intention de remplacer les grévistes par des intérimaires. « Des intérimaires sont venus pour effectuer des essais, pour de futures missions », affirme Patrick Meichel.

A noter que durant le conflit social, les grévistes ont reçu le soutien (écrit) de deux candidates aux élections législatives... dans la circonscription de Saverne-Sarre-Union. Michèle Comte, qui porte les couleurs d'Europe écologie-Les Verts, et Bénédicte Herrgott, du Front de gauche, saluent leur « courage et détermination » et disent qu'il est « juste que les bénéfices réalisés soient répartis entre tous et profitent également aux travailleurs ». Mais les salariés se sont étonnés de ne pas rencontrer de candidats mosellans...