Silence pesant à Florange

Publié le 13/04/2012
ArcelorMittal : les blocages continuent. La direction porte plainte contre 3 personnes
Silence pesant à Florange
Silence pesant à Florange
ArcelorMittal : les blocages continuent. La direction porte plainte contre 3 personnes

© L'Est Républicain, Vendredi le 13 Avril 2012 / Région Lorraine + Vosges Matin

 


Florange. Les salariés d'ArcelorMittal qui réclament toujours la réouverture des hauts-fourneaux de Florange ont entamé mercredi le blocage des expéditions de produits finis sur le site de Florange. La tension est montée hier matin quand trois des métallos de l'usine se sont vu remettre par la police sur le piquet de grève une convocation au commissariat de Thionville ce matin. Mercredi matin, alors que les manifestants tentaient d'investir les bureaux administratifs de l'usine pour demander à rencontrer des représentants de la direction, « des propos vifs ont été échangés sans aucun acte de violence », selon les salariés entre des cadres et des vigiles de l'entreprise, ainsi que des vigiles externes à l'usine.

« Menaces de mort »

Une plainte pour « menaces de mort » a été déposée par la direction du site au commissariat de Thionville où les trois salariés, dont Édouard Martin, leader CFDT, doivent être entendus dans le cadre « d'une enquête préliminaire », expliquait hier un policier sur le site.

« La direction joue le pourrissement du conflit. Par cette plainte, elle veut faire peur aux salariés », commentait Édouard Martin. De rage, la vingtaine de métallos présents sur le piquet de grève de la porte Saint-Agathe hier, ont étendu le blocage des produits finis à tous les véhicules entrant ou sortants de l'usine.

Une intersyndicale s'est par ailleurs tenue dans la matinée mais aucune nouvelle action n'a été annoncée. L'intersyndicale (CFDT, CGT et FO) doit se réunir à nouveau lundi matin. « Nous avons étudié des actions possibles, mais chacun doit en discuter avec ses adhérents », expliquait hier Frédéric Weber de la CFDT.

La CFDT était hier seule organisatrice du blocage qui « se poursuivra jusqu'à ce que nous puissions rencontrer un membre de la direction du groupe ArcelorMittal France », a ajouté le syndicaliste.

Après plus de trois semaines de conflit, alors que la direction d'ArcelorMittal semble ignorer totalement les piquets de grève devant son usine de Florange, le conflit s'envenime et les questions de fond sur le devenir du site mosellan se délitent dans un silence pesant.

Stéphanie SCHMITT