SOCIAL 81 LICENCIEMENTS ANNONCES A BASSE-HAM - LE MAUVAIS COUP DE PISTON

Publié le 12/03/2009
Pour rester compétitif sur un marché concurrentiel particulièrement frappé par les effets de la crise, l'équipementier automobile KS Kolbenschmidt a annoncé hier devoir se séparer de quatre-vingt-un salariés dans le courant de l'année. Soit presque un quart de son personnel.
SOCIAL 81 LICENCIEMENTS ANNONCES A BASSE-HAM - LE MAUVAIS COUP DE PISTON
SOCIAL 81 LICENCIEMENTS ANNONCES A BASSE-HAM - LE MAUVAIS COUP DE PISTON
Pour rester compétitif sur un marché concurrentiel particulièrement frappé par les effets de la crise, l'équipementier automobile KS Kolbenschmidt a annoncé hier devoir se séparer de quatre-vingt-un salariés dans le courant de l'année. Soit presque un quart de son personnel.

Dans le bassin thionvillois, beaucoup l’appellent encore la SMP ­ pour Société mosellane de pistons ­. Si le cœur de métier n’a pas changé, l’usine située à l’entrée de Basse-Ham se nomme KS Kolbenschmidt et emploie à ce jour 352 personnes. Plus pour longtemps : hier, lors d’un comité d’entreprise extraordinaire, la direction a annoncé devoir se séparer de quatre-vingt-un salariés. «Pas dans un an, pas dans six mois, non là, le plus rapidement possible », indiquent représentants et adhérents de la CFDT. En ce mercredi après-midi, ils sont les seuls à occuper le local syndical après l’annonce de ce qui se présente comme un vrai coup dur sur le front de l’emploi. «On s’en doutait. On avait déjà distribué des tracts au printemps dernier à la suite de licenciements dans les usines allemandes du groupe. On se disait que ça allait fatalement nous tomber dessus aussi», raconte Fabrice Rigotti. Pas de colère palpable dans ses propos. Juste un peu de dépit mais surtout de la fermeté, au cas où le plan de sauvegarde de l’emploi à venir tourne au vinaigre. «On se battra pour que les gens partent avec les meilleures garanties possibles : des indemnités supra légales, des formations […] Nous sommes conscients que pour la pérennité de l’entreprise, c’est compliqué. Mais on ne peut pas se satisfaire de quatre-vingt-un licenciements… ». Ceci d’autant moins que «la moyenne d’âge se situe autour de 38 ans. Les gens sont loin de la retraite, très peu pourront bénéficier de mesures d’âge. Heureusement, les gens ont bénéficié de plans de formation en interne, je pense qu’ils ont un bon niveau de réemployabilité. Mais comme en ce moment personne n’embauche… », analyse Stéphane Martin. Ce dernier ne cache pas ses inquiétudes : «On nous parle d’une restructuration aujourd’hui. Qui dit qu’il n’y en aura pas une autre demain ? On sait très bien que la stratégie des groupes est de réduire les frais de personnel en Europe de l’Ouest pour rester compétitifs par rapport aux pays low cost. Dites-vous bien que les salaires en Tchéquie sont déjà devenus trop élevés, alors les nôtres…». Rester compétitif : c’est là le souci de l’entreprise. Daniel Preslier, le patron du site mosellan, explique : «Nous avons un triptyque : qualité, délais, coûts. Sauf que pour le client, l’ordre n’est pas forcément le même… ». En 2008, le coup de frein des constructeurs automobiles a balayé en trois mois les bons résultats de l’année et les prévisions demeurent encore très floues. Conséquence : «La situation se comprime, nous devons réaliser rien que sur 2009 ce que nous aurions pu faire naturellement d’ici 2012 […] A nous de trouver des solutions pour produire davantage et mieux. Nous devons être architectes du futur ; malheureusement, s’il faut passer par des mesures difficiles, on le fera ». Parallèlement, des investissements seront faits pour moderniser l’outil de production et «maintenir des emplois à Basse-Ham », assure le directeur des ressources humaines, Martial Habay. Nul doute que les représentants du personnel sauront tenir la comptabilité à jour.

C. F.
Publié le 12/03/2009 - Thionville