SOCIAL 81 LICENCIEMENTS CHEZ KOLBENSCHMIDT A BASSE-HAM : LES NEGOCIATIONS SONT BOUCLEES

Publié le 05/06/2009
Le plan de sauvegarde de l'emploi est bouclé à l'usine de pistons Kolbenschmidt de Basse-Ham ; les lettres de licenciements sont attendues la semaine prochaine. Les partenaires sociaux estiment avoir mené une négociation acceptable.
SOCIAL 81 LICENCIEMENTS CHEZ KOLBENSCHMIDT A BASSE-HAM : LES NEGOCIATIONS SONT BOUCLEES
SOCIAL 81 LICENCIEMENTS CHEZ KOLBENSCHMIDT A BASSE-HAM : LES NEGOCIATIONS SONT BOUCLEES
Le plan de sauvegarde de l'emploi est bouclé à l'usine de pistons Kolbenschmidt de Basse-Ham ; les lettres de licenciements sont attendues la semaine prochaine. Les partenaires sociaux estiment avoir mené une négociation acceptable.

En lettres jaunes sur fond rouge, on peut lire : KSKF 81 licenciements. Impossible de louper la banderole placardée depuis mi-mars à l’entrée de l’usine de piston de Basse-Ham. C’est le seul signe visible que les salariés de Kolbenschmidt France (KSKF) auront laissé filtré et qu’ils tiennent à maintenir en place pour quelques temps encore. Le temps de faire le deuil, sans doute, des emplois perdus.
Malgré l’annonce massue faite à la fin de l’hiver, personne ici n’a eu à sortir l’artillerie lourde devenue malheureusement fréquente en cas de plan social. Pas de mouvement de grève, pas de site occupé ni de palettes en feu et encore moins de patron séquestré… Le fait est suffisamment exceptionnel, dans cette période sociale tourmentée, pour être au moins signalé ­ à défaut d’être salué. Même le syndicat CFDT Moselle de la métallurgie s’est fendu dernièrement d’un communiqué pour dire que la procédure du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) était arrivée à son terme dans des conditions acceptables ­ lire le détail par ailleurs ­. «
Bien sûr, pour les gens amenés à partir, ce qui a été négocié ne sera jamais suffisant. On ne peut jamais dire qu’un PSE s’est bien passé parce qu’au final, ce sont toujours des emplois en moins et des familles qui trinquent», insiste le secrétaire du comité d’entreprise, Fabrice Rigotti.
«
Faut pas croire, les négociations ont été rudes, les réunions nombreuses et la pression bien réelle », poursuit-il. Ce n’est pas l’envie de manifester bruyamment qui manquait à beaucoup, abasourdis par une coupe sombre dans l’effectif au pire moment qui soit. «On a été les premiers à faire imprimer les tee-shirts floqués du mot 'licenciés ? '.Finalement, les médias les ont vus portés par les gens d’Umicore, à Florange, mais l’idée est bien née ici », raconte Fabrice Rigotti, histoire de resituer les choses dans un contexte où la colère des salariés pouvait exploser à tout moment.
Justement, l’essentiel, c’est «
de ne jamais avoir rompu le dialogue », estime le délégué syndical Stéphane Martin. Ni avec la direction, ni avec la base. Un vrai challenge. «Aucun d’entre nous n’était préparé à gérer un PSE. Il a fallu plonger dans les textes, tout décortiquer, être ferme d’un côté pour parvenir à obtenir ce qu’on voulait et tenir les gars les plus chauds de l’autre… Honnêtement, c’est très éprouvant », poursuit le délégué syndical.
On pourrait penser que le plus dur est fait. «
En fait, on n’en sait rien. Il faudra maintenant gérer l’après plan social, accompagner ceux devant retrouver un emploi et écouter les autres, qui restent dans une usine qui tournera avec un quart de son effectif en moins».
Les premières lettres de licenciements sont attendues pour la semaine prochaine. «
Hormis les vingt-deux personnes ayant opté pour un départ volontaire, personne ne connaît encore les noms », assure le délégué du personnel, Eric Joannes. Qui sait, «peut-être que je figure dessus ? ».

C. Folny.
Publié le 05/06/2009 - Thionville