SOCIAL CFDT - Accidents du travail non déclarés : nouveau combat

Publié le 13/06/2010
75 délégués CFDT de la métallurgie Moselle se sont retrouvés à Sarreguemines pour évoquer les problèmes liés aux accidents du travail, mais aussi pour échanger. Comme chaque année, la CFDT métallurgie Moselle organise son conseil syndical à Sarreguemines.
SOCIAL CFDT - Accidents du travail non déclarés : nouveau combat
SOCIAL CFDT - Accidents du travail non déclarés : nouveau combat
75 délégués CFDT de la métallurgie Moselle se sont retrouvés à Sarreguemines pour évoquer les problèmes liés aux accidents du travail, mais aussi pour échanger. Comme chaque année, la CFDT métallurgie Moselle organise son conseil syndical à Sarreguemines.

RL - 13/06/2010 (Sarreguemines)
Les délégués CFDT de la métallurgie Moselle se sont retrouvés à Sareguemines pour échanger, dans une ambiance conviviale. Photo RL
Les délégués CFDT de la métallurgie Moselle se sont retrouvés à Sareguemines pour échanger, dans une ambiance conviviale. Photo RL

L’occasion pour les quelque 75 délégués présents (représentant 32 sociétés) d’exprimer les problèmes qu’ils rencontrent dans leurs entreprises et d’échanger. Au cœur du débat cette année, de nouvelles pratiques dénoncées par la CFDT. «  On bafoue régulièrement les accidents du travail. », explique Didier Getrey, secrétaire métallurgie Moselle.

« Faute inexcusable » 

«  Dans certaines entreprises, on oblige les salariés en accident du travail (AT) à être présents physiquement dans l’entreprise, quitte à venir les chercher chez eux le matin et les ramener le soir. » L’avantage ? «  Ils évitent de déclarer les AT pour faire baisser les taux à payer à la Cram. » En fonction du nombre d’accidents et de leur gravité, les sociétés ont un pourcentage de la masse salariale à payer. «  Dans la métallurgie, ça représente entre 2 et 4 %. C’est pas rien. » Le problème est qu’en cas de séquelles suite à la blessure, l’accident n’étant pas reconnu, pas d’indemnisation possible en cas d’invalidité. «  On met sur les salariés une telle pression pour qu’ils acceptent. Ils ont peur d’être licenciés… » Ce qui arrive également. «  On trouve des licenciements suite à un accident du travail pour faute inexcusable. Tout cela est inadmissible ! Il faut combattre tout ça. »

Une Smart solaire

D’un point de vue économique, «  on sent un redémarrage dans la métallurgie, mais il y a de plus en plus de recours à l’intérim. Les personnels licenciés dans le cadre de plan sociaux sont remplacés par des intérimaires, ce qui apporte une grosse flexibilité pour les entreprises, en créant plus de précarité pour les salariés. » Du côté de Smart, à Hambach, plusieurs bonnes nouvelles. «  Nous avons une commande de 3 000 véhicules supplémentaires pour le second semestre », explique Patrick Hozkowicz, délégué CFDT. «  Il s’agit du modèle relooké de la Fortwo, qui arrive en septembre, donc il faudra absorber la production sur les quatre derniers mois. » Du coup, pas de chômage partiel. «  Les modifications sont surtout pour le marché américain, plus contraignant. Si ce marché-là repartait, ce serait une très bonne nouvelle. » La ville de Paris a commandé 3 000 véhicules, dont 1 000 smart électriques pour mettre en place l’Autolib, sur le même modèle que le Vélib. Dernière nouvelle d’importance, le projet d’installation d’un panneau solaire sur le toit de la Fortwo. Des tests sont actuellement en cours.

Ambiance morose chez Behr

Les nouvelles sont nettement moins bonnes du côté de chez Behr Lorraine… «  La conjoncture est mauvaise et nous n’avons aucune lisibilité, aucune vision d’avenir. », expliquent les délégués syndicaux. «  D’abord on nous annonce du chômage partiel, puis on doit faire des heures supplémentaires, puis à nouveau du chômage… C’est n’importe quoi. » Les effectifs de l’entreprise ont sévèrement chuté, passant de 1 200 salariés et 300 intérimaires il y a 4-5 ans à 510 actuellement. «  La plupart du temps, cela se fait via des départs volontaires. On incite les gens à partir. » Behr cherche actuellement des liquidités, via un partenariat ou des fonds de pension. «  Un actionnaire cherche à racheter une partie de la société. Généralement, cela s’accompagne de restructurations… » L’incertitude sur l’avenir demeure, pesante, d’autant plus que «  la direction ne nous donne aucune information. La plupart du temps, ils sont à Rouffach (Alsace). » Entre pressions et manque de communication, l’ambiance est délétère et l’avenir incertain…

Michel LEVILLAIN.