SOCIAL COKES DE CARLING : TROIS MOIS POUR TROUVER PRENEUR

Publié le 02/06/2009
L'intersyndicale de la cokerie de Carling compte désormais sur un miracle pour sauver l'entreprise. Le défi : trouver un repreneur sérieux d'ici septembre. Ce sera très difficile en ces temps de crise économique mondiale.
SOCIAL COKES DE CARLING : TROIS MOIS POUR TROUVER PRENEUR
SOCIAL COKES DE CARLING : TROIS MOIS POUR TROUVER PRENEUR
L'intersyndicale de la cokerie de Carling compte désormais sur un miracle pour sauver l'entreprise. Le défi : trouver un repreneur sérieux d'ici septembre. Ce sera très difficile en ces temps de crise économique mondiale.

Lors du comité d'entreprise d'hier, les craintes ont été confirmées : si la cokerie ne trouve pas d'acheteur d'ici la rentrée… elle fermera.

Hélas, c’est une confirmation sur toute la ligne. Comme nous l’indiquions dans notre édition de jeudi, la cokerie de Carling est plus que jamais en danger. Miraculée en 2003-2004 suite à une reprise par le sidérurgiste sarrois Rogesa, l’entreprise est, à nouveau, au bord du gouffre. La faute à cette maudite crise économique internationale. Encore.

Hier, la direction de Cokes de Carling a réuni un comité d’entreprise extraordinaire. «Elle a informé le personnel que Rogesa n’avait plus besoin de nous et que la situation actuelle de la cokerie mettait en péril la situation économique de tout le groupe industriel », indique l’intersyndicale CGT-CFDT-FO-CFTC-CFE/CGC dans un communiqué. Pour résumer, la demande sur le marché de l’acier est au plus bas. Du coup, Rogesa n’utilise plus de coke pour faire tourner ses aciéries. Résultat, la cokerie est-mosellane entasse sa production sans pouvoir l’écouler. Le stock prend des proportions inquiétantes.
Les prochaines semaines vont être déterminantes pour l’avenir du site de Carling. Les différents partenaires vont travailler sur deux tableaux. D’abord sur l’éventualité de stopper plus de la moitié des fours. Cette mise en veille des installations constitue un casse-tête technique mais continuer à stocker ne sera bientôt plus possible. «
La direction garantit que la mise en veille n’aura pas de conséquence pour le personnel de Cokes de Carling, soit 400 personnes. On trouvera des affectations de travail », indique l’intersyndicale. Par contre, les sous-traitants vont être les premiers à subir de plein fouet cette décision. «Environ 350 personnes d’entreprises extérieures travaillent toute l’année à la cokerie. Nous avons sous-traité la maintenance mais également une partie de l’exploitation, comme tout ce qui concerne le chargement/déchargement. Pour moi, ces salariés sont aussi des cokiers », témoigne Jean-Jacques Bour, porte-parole de l’intersyndicale.
Pour les jeunes
Deuxième piste de travail, qui sera la priorité : mobiliser toutes les énergies afin de trouver, dans les trois mois, un repreneur solide. Car Rogesa ne veut plus de sa cokerie intégrée de Carling, surtout que le groupe investit ailleurs. Mais trouver un repreneur dans ce contexte de crise généralisée va relever du défi herculéen. Le rendez-vous de la rentrée sera donc celui de la dernière chance pour la cokerie. «Nous sommes perplexes mais on se doit de jouer ce va-tout à fond. On le doit surtout pour les nombreux jeunes employés qui nous ont rejoints ces dernières années. 166 salariés de Cokes de Carling ont entre 20 et 35 ans. J’ai vu des mines vraiment décomposées lors de ce CE : ça va être compliqué mais on se doit de jouer notre dernière carte », poursuit Jean-Jacques Bour. Sinon ? Sinon la direction n’a pas tourné autour du pot : «Si Rogesa constate qu’aucun projet de reprise ne se présente en septembre, la fermeture du site sera envisagée ».
Stéphane Mazzucotelli.
Publié le 30/05/2009 – St Avold