SOCIAL CONTINENTAL : 500 MANIFESTANTS DERRIERE CLAIROIX

Publié le 01/04/2009
Coup de force, hier, pour les salariés de Continental Clairoix. Ils étaient près de 400 hier (pour 500 manifestants en tout), à crier leur unité et leur détermination. Avec l'espoir que la justice sera de leur côté. Ils devront attendre pour le savoir...
SOCIAL CONTINENTAL : 500 MANIFESTANTS DERRIERE CLAIROIX
SOCIAL CONTINENTAL : 500 MANIFESTANTS DERRIERE CLAIROIX
Coup de force, hier, pour les salariés de Continental Clairoix. Ils étaient près de 400 hier (pour 500 manifestants en tout), à crier leur unité et leur détermination. Avec l'espoir que la justice sera de leur côté. Ils devront attendre pour le savoir...

Ils étaient près de 400 à faire près de 400 km, pour rejoindre Sarreguemines. Sur place, quelques-uns de leurs collègues les attendaient, essentiellement les organisations syndicales. La CGT de Carling était de la partie, comme l’union locale, des élus de la gauche pour Sarreguemines…
Tout a commencé, évidemment, sur le site de Continental, en zone industrielle. Un peu de bruit, déploiement de banderoles, et le cortège se met en branle, direction le centre ville. En passant par la rocade, pour une belle opération escargot. On emprunte ensuite la rue Poincaré, la zone piétonne, remontée vers la rue de la Montagne et passage rue des Généraux Crémer pour arriver enfin au tribunal.

Le Parquet suit… prudemment
Un parcours qui pouvait être suivi à l’oreille, les slogans étant repris par tous. Avec un message clair : «On ne lâchera rien ! » A l’oreille, mais aussi du fait des références de pneumatiques collés un peu partout sur les panneaux, les voitures, les maisons, les distributeurs… Ce qui a provoqué la colère de quelques commerçants et particuliers. Devant le tribunal, où les forces de l’ordre attendaient, vigilantes, les manifestants ont montré leur discipline autant que leur unité. «On n’est pas des voyous ! On est juste des travailleurs qui veulent être entendus. » A part un pneu brûlé symboliquement devant le tribunal, pas le moindre incident. Organisés, les syndicats l’étaient. Au micro, avec l’accord des autorités et de la présidente du tribunal, une délégation peut assister à l’audience. 50 personnes, issues des cinq organisations syndicales (CFDT, CFTC, CGT, FO, CFE-CGC), avec également des non-syndiqués, sont entrées dans la salle de la chambre civile. Ils ont écouté avec attention les plaidoiries de Ralph Blindauer, leur avocat, ainsi que celles de Mes Thiebart et David, pour Continental France.
Me Blindauer a avancé ses arguments (lire RL d’hier), réclamant l’annulation de la procédure de fermeture de l’usine, ou au moins sa suspension. Les avocats parisiens de Continental se sont efforcés de démonter chacune des thèses évoquées. Avec parfois quelques heurts dans la salle… Notamment lorsqu’est évoqué le fait que 30 moules de pneus sont partis de Clairoix vers des usines roumaines et slovaques. L’avocat annonce qu’ils sont revenus, provoquant un tollé dans la salle. Seuls dix d’entre eux ont rejoint la Picardie. Preuve d’un début de démantèlement de l’usine.
Le Parquet a évoqué les bases juridiques, annonçant son accord avec les syndicats sur un point : le comité central européen aurait dû être saisi, puisque la décision n’a pas été prise en France et qu’elle concerne deux fermetures, en France, donc, et en Allemagne. Sur ce point, la présidente du tribunal devra trancher. Elle rendra son ordonnance le 21 avril.
Petite visite avant de partir
«On n’a rien obtenu, mais on ne lâchera pas. On ira jusqu’au bout ! », lance Xavier. De retour en zone industrielle, boissons et casse-croûte les attendaient. De quoi leur redonner des forces pour… visiter l’usine. Dans le calme, criant 'On est chez nous', jugeant les infrastructures désuètes, avant de s’en retourner chez eux. Ils ont promis de revenir le 21 avril, pour entendre la décision.
Michel Levillain.
Publié le 01/04/2009 - Sarreguemines