Social Grève des agents de Metz-Métropole - L'usine d'incinération pourrait être bloquée

Publié le 14/09/2010
Les agents de Metz-Métropole intervenant à la régie Haganis menacent de bloquer le centre de revalorisation si leurs camarades du centre technique n'obtiennent pas satisfaction.
Social Grève des agents de Metz-Métropole - L'usine d'incinération pourrait être bloquée
Social Grève des agents de Metz-Métropole - L'usine d'incinération pourrait être bloquée
Les agents de Metz-Métropole intervenant à la régie Haganis menacent de bloquer le centre de revalorisation si leurs camarades du centre technique n'obtiennent pas satisfaction.

© Le Républicain Lorrain, Mardi 14 Septembre 2010 / MTZ /

Des tracts ont été distribués, hier, sur plusieurs sites où opèrent des agents de catégorie C, revenant entre autres sur les différents barèmes indemnitaires. Photo Maury GOLINI.

La menace était dans les cartons. Hier matin, elle a quitté son emballage. Daniel Aubertin, délégué CFDT à la régie Haganis – où intervient du personnel de Metz-Métropole –, l’a annoncé lui-même à Laurent Gadeyne, directeur du centre technique communautaire, point névralgique de la gestion des camions-benne. La direction d’Haganis a également été avertie. Le message a été clair : «  Nous sommes solidaires avec nos camarades. S’ils n’obtiennent pas gain de cause, nous bloquerons le centre de revalorisation des déchets. » Ambiance…

Situation fragile

Une question se pose alors : le blocus sera-t-il total, c’est-à-dire en incluant les camions de la Somergie et de la Sita, ou bien sera-t-il cantonné aux bennes de Metz-Métropole ? «  Rien n’a encore été défini. Cela dépendra du résultat des discussions entre nos collègues grévistes et Metz-Métropole », confie le représentant syndical. Voilà qui rajoute un peu de pression à une situation déjà tendue, même si, hier, à la veille d’une réunion, peut-être cruciale, prévue entre la direction de Metz-Métropole et une délégation de grévistes, le mot d’ordre tendait vers l’apaisement et l’ouverture au dialogue. Toujours aussi déterminée, la centaine de manifestants attend de voir ce qu’il lui sera proposé avant de décider de la suite des opérations. Dans le camp opposé, Jean-Luc Bohl préfère jouer la prudence.On en est donc là, dans un entre-deux où chacun avance ses pions, comme pendant une partie d’échecs. «  J’ai déjà fait un certain nombre de propositions concrètes aux syndicats », se contente de rappeler le patron de Metz-Métropole, qui a promis notamment de faciliter l’évolution de carrière et de faire évoluer la grille des indemnités. Ce qu’il attend des échanges programmés aujourd’hui entre les deux parties ? «  J’espère qu’on travaillera dans un climat de sécurité et de sérénité, et sur le long terme, ceci dans l’intérêt de la collectivité, des agents, et de la communauté d’agglomération. »
Reste à savoir à quelle heure et où aura lieu cette rencontre tant attendue, aucune précision n’ayant été apportée à ce sujet.

Tournées au ralenti 

Chez les fonctionnaires à l’arrêt, les mines graves ne faisaient que confirmer la motivation ambiante. La grève suit son cours et quelques camions (9 sur 17, pour la tournée d’hier matin, selon les grévistes) sont partis débarrasser quelques communes de leurs ordures ménagères. Par manque de personnels, des localités ou des quartiers de la ville de Metz n’ont pas vu passer le camion-benne (lire par ailleurs). En conflit depuis le 8 septembre, une partie des agents de catégorie C réclame toujours le versement d’une prime de 70 € brut pour 380 des «  petits salaires » comme ils les appellent. Le blocus, levé deux jours plus tard, avait été présenté comme «  un geste de bonne volonté et une ouverture aux discussions », rapporte Djemel Benkerroum, responsable CFDT. L’heure est maintenant aux conjectures. «  En aucune manière, je ne veux polémiquer », martèle Jean-Luc Bohl. «  La balle est dans son camp », réplique la figure de proue des manifestants. La table est mise.

Olivier PIERSON.