SOCIAL JOHNSON CONTROLS : PREMIERE GREVE DEPUIS 29 ANS

Publié le 12/06/2009 (mis à jour le 16/06/2009)
Chez Johnson Controls, hier à Sarreguemines, les salariés ont brûlé des pneus en marge du CE. Les débats reprendront lundi.
SOCIAL JOHNSON CONTROLS : PREMIERE GREVE DEPUIS 29 ANS
SOCIAL JOHNSON CONTROLS : PREMIERE GREVE DEPUIS 29 ANS
Chez Johnson Controls, hier à Sarreguemines, les salariés ont brûlé des pneus en marge du CE. Les débats reprendront lundi.

A l’entrée de l’usine, les salariés de Johnson ont fait un grand feu, nourri de palettes, de pneus et de caissons de batterie.

Les salariés de Johnson Controls International (JCI) avaient réservé un «comité d’accueil» à Christian Morin, pour la deuxième réunion du comité d’entreprise, tenue hier matin dans l’usine sarregueminoisemais. Mais comme le directeur général est arrivé beaucoup plus tôt que prévu, ils ont alors envahi les bureaux jusqu’au début de la réunion.

Le cabinet Syndex, mandaté par les syndicats (CFDT/CFE-CGC), a présenté son rapport. Avec une déception : tous les éléments livrés par la direction sont «sommaires » et ne permettent pas «un débat loyal ». La direction a donc été sommée de fournir des données plus précises. Pour autant, il ressort de l’expertise que l’usine de Sarreguemines est viable, et pourrait passer la crise si la production était, par exemple, partagée entre les différents sites européens. Le groupe dispose de 2,5 Md$ de liquidités, et «aucune dette jusqu’en 2011 ». De quoi lui permettre de faire face à la crise, sans même recourir aux banques, aux aides des états… Difficile à avaler pour les 365 salariés menacés de licenciement.
Flambée de batteries
Durant les discussions, des salariés ont brûlé palettes, pneus et caissons de batterie. Une journée de grève a été décrétée. «La première en 29 ans », note Anthony Denis, secrétaire CFDT du CE.
A leur sortie de réunion, le constat des délégués syndicaux est clair : «
la direction veut délocaliser en Tchéquie ». Quant à l’idée de plateforme logistique qui remplacerait celle de Thionville, elle est jugée «fantaisiste ». Le contrat avec Geodis, qui gère la plateforme, arrive pourtant à terme au 31 décembre. Et JCI ne veut pas se séparer de son usine sarregueminoise, pourtant convoitée par un autre fabricant de batteries, IQ Power, basé en Suisse.
Lundi, les discussions doivent reprendre et la direction devra «
venir avec des propositions concrètes ». L’objectif est toujours le même : conserver l’emploi ou, à défaut, obtenir de dignes (et fortes) indemnités. Mardi, l’usine connaîtra son 2e jour de grève.
Michel LEVILLAIN.
Publié le 12/06/2009 – France et Monde

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