SOCIAL MANIFESTATION DU 19 MARS - GERARD SAINT-EVE : «NE RIEN DIRE C'EST CONSENTIR !»

Publié le 06/03/2009
Ambiance de veillée d'armes pour les syndicats du Sud mosellan, qui préparent leur participation à la manifestation régionale pour l'emploi prévue à Metz. Après la réussite du mouvement de janvier, et quatre bus de manifestants mobilisés, ils espèrent au moins autant de participation, surtout que localement la situation s'aggrave.
SOCIAL MANIFESTATION DU 19 MARS - GERARD SAINT-EVE : «NE RIEN DIRE C'EST CONSENTIR !»
SOCIAL MANIFESTATION DU 19 MARS - GERARD SAINT-EVE : «NE RIEN DIRE C'EST CONSENTIR !»
Ambiance de veillée d'armes pour les syndicats du Sud mosellan, qui préparent leur participation à la manifestation régionale pour l'emploi prévue à Metz. Après la réussite du mouvement de janvier, et quatre bus de manifestants mobilisés, ils espèrent au moins autant de participation, surtout que localement la situation s'aggrave.

Heureux et léger», comme dans une chanson de l’artiste local Roberdam… presqu’un rêve pour les acteurs économiques du pays de Sarrebourg. Vivement le printemps, peuvent se dire les salariés, en espérant des temps meilleurs. Car l’hiver n’est pas bon. Les chiffres et les informations révèlent des effets de la crise jusque dans les PME/PMI du bassin d’emploi. Gérard Saint-Eve, secrétaire de l’union locale CFDT, est, lui, est tout colère ! Et le ton monte à l’approche de la journée du 19 mars, décrétée jour de mobilisation nationale par les grandes confédérations syndicales. Un rendez-vous lancé à toute la population. Après le succès de la manifestation du 29 janvier, il espère bien qu’autant de monde participera au défilé prévu à Metz. Les syndicats avaient envoyé quatre autocars depuis Sarrebourg et Dieuze, et Gérard Saint-Eve en a déjà rempli un uniquement du côté de la CFDT. La veillée d’armes promet des lendemains chargés d’espérance pour les responsables syndicaux.

Rien, aujourd’hui, ne fleure l’optimisme. Les nouvelles menaces de plans de restructurations succèdent aux procédures de licenciements les plus diverses. Alors, le 19 mars, Gérard Saint-Eve sera dans le cortège : «Pour le pouvoir d’achat, contre la politique du gouvernement et contre la casse du service publique. » Vaste programme.
Vouloir ou pouvoir
Syndicat réformiste, la CFDT tient à affirmer son opposition aux décisions politiques du moment et surtout aux méthodes employées «sans concertation ». Gérard Saint-Eve n’accepte pas les décisions politiques : «On ne peut pas fermer les services de proximité et affirmer que c’est fait pour les gens. C’est comme la suppression du conseil de Prud’hommes. Celui qui a mené cette réforme sait-il que Sarrebourg est à 100 km de Metz ? Des gens qui viennent nous voir ne peuvent pas y aller. Ce n’est pas qu’ils ne veulent pas, mais financièrement… Cela ne tient pas la route ! »
Bosser pour vivre
Le premier round syndical de janvier avait été un rare succès pour les syndicats. «C’est dû au malaise actuel, à la conjoncture. Il y a de plus en plus de laissés pour compte et les solutions avancées ne sont pas bonnes : supprimer la taxe professionnelle c’est donner encore au patronat sur le dos des salariés. Car, où va-t-on aller chercher l’argent qui va manquer dans les caisses des collectivités ? Ce sera avec les taxes ou les redevances payées par les gens
Manifester, pour Gérard Saint-Eve, est un acte indispensable, une prise de parole de citoyens. «
Déjà que le gouvernement est sourd et passe tout en force… Si on ne montre pas le mécontentement, alors il ne faudra pas venir se plaindre ! Ne rien dire c’est consentir ! » Actifs, retraités, demandeurs d’emplois, l’appel est destiné à tout le monde. «Notre indicateur, c’est l’activité juridique, explique Gérard Saint-Eve. Lors de chaque crise de l’emploi, cette activité baisse car les gens ont peur de perdre leur travail et sont prêts à accepter n’importe quoi pour garder leur place. En revanche, le nombre d’appels téléphoniques et les demandes de rendez-vous explosent. C’est la preuve de problèmes sérieux. Mais les gens ne vont pas jusqu’au bout des procédures, ils ne prennent pas de risque : ils ont besoin de bosser pour vivre et c’est la seule priorité ! »
Olivier SIMON. Départ des autocars à 12 h devant le centre socioculturel Malleray à Sarrebourg (tél. 03 87 23 78 80).
Publié le 06/03/2009 - Sarrebourg