SOCIAL : MARCHE OU CREVE

Publié le 28/01/2009
Les syndicats sont sur les dents en période de crise, même au pays de Sarrebourg. Là où l'emploi est menacé, les syndicats constatent des dérives dans le monde de l'entreprise, d'autant plus que le mutisme devient une règle de communication. Comme au moyen-âge.
SOCIAL : MARCHE OU CREVE
SOCIAL : MARCHE OU CREVE
Les syndicats sont sur les dents en période de crise, même au pays de Sarrebourg. Là où l'emploi est menacé, les syndicats constatent des dérives dans le monde de l'entreprise, d'autant plus que le mutisme devient une règle de communication. Comme au moyen-âge.

Viré, pour avoir été trois fois aux toilettes. Viré, pour délit de sale gueule, incompatibilité d’humeur. Viré, aussi, pour avoir refusé de travailler avec des matières ne respectant pas les normes. Ce n’est pas un gag, mais bel est bien le sort réservé à des employés du pays de Sarrebourg. A la CFDT, qui vient de tenir ses assises annuelles pour le Sud mosellan, ces cas restent des exceptions mais ils ont une nette tendance à se multiplier.
Gérard Saint-Eve, réélu secrétaire de l’union locale, dépeint une situation très préoccupante. «
Là où nous avons des délégués les infos passent, mais dans d’autres entreprises personne ne parle : les salariés ont la trouille ! » Le tableau est à peine enjolivé par les 34,55 % obtenus aux élections prud’homales, qui font de la centrale la première du bassin d’emploi. «Nous avons perdu 4 % mais c’est un bon score après les fermetures de Bata, Leïchelé, Tomesa, Sarremode, Chaufette ou encore la cristallerie de Hartzviller où nous étions bien implantés
». La liste de connotation assez funeste est prête à s’allonger. La crise fait vaciller les entreprises, de la filière bois, du BTP aussi.
La préoccupation première des syndicalistes est d’éviter la casse sociale. «
C’est la bagarre de l’emploi, scande Gérard Saint-Eve. C’est clair, pour les employés il y a du chantage : c’est marche ou crève ! Avec la loi de l’offre et de la demande, si un gars n’obtempère pas il y en a cinq cents derrière qui sont prêts à faire le boulot à sa place… Et s’ils parlent, ils sont grillés. Des employeurs profitent de la situation. Pas tous, heureusement !»

Avertissement

Les indicateurs sont au rouge. Pour preuve, l’augmentation des conflits, du nombre de licenciements abusifs, de dépressions ou de harcèlements. «Des boîtes partent en vrille et font n’importe quoi avec le personnel ! s’offusque Gérard Saint-Eve. Certains patrons sont de bonne foi, et corrigent le tir. Pour d’autres c’est le retour du Moyen-âge ! » L’avertissement se veut sévère : «Nous avons des moyens d’agir, en relation avec l’inspection du travail. Et ça peut faire très mal… A condition aussi qu’on nous informe ! » Le ton est résolu, mais dans le même temps, les syndicalistes ont parfaitement conscience de la situation de PME qui pourraient laisser jusqu’à quarante personnes sur le carreau. Ils ne jettent pas le bébé avec l’eau du bain, loin s’en faut. «C’est clair, parmi les employés il y a aussi des cas indéfendables. Et d’un point de vue général, ce n’est pas du pain noir qu’on va manger, c’est du pain rassis. 2009 ne va pas être rose ! Faut pas rêver, Center parcs ne permettra pas d’absorber tout ça

 

Publié le 28/01/2009 Sarrebourg