SOCIAL plus de 700 emplois menacés : les cokiers veulent «avoir le droit de travailler»

Publié le 06/06/2009
Les salariés de la cokerie de Carling sont venus dire, hier au centre ville de Saint-Avold, que le sauvetage de leur usine était nécessaire et encore possible. La balle est dans le camp de l'actionnaire.
SOCIAL plus de 700 emplois menacés : les cokiers veulent «avoir le droit de travailler»
SOCIAL plus de 700 emplois menacés : les cokiers veulent «avoir le droit de travailler»
Les salariés de la cokerie de Carling sont venus dire, hier au centre ville de Saint-Avold, que le sauvetage de leur usine était nécessaire et encore possible. La balle est dans le camp de l'actionnaire.

Jean-Jacques Bour, porte-parole de l'intersyndicale : «Nous ne sommes pas venus pour provoquer la population ou le député maire mais pour les sensibiliser à notre combat qui est celui de la sauvergarde de l'industrie en Moselle-Est».
Jean-Jacques Bour, porte-parole de l'intersyndicale : «Nous ne sommes pas venus pour provoquer la population ou le député maire mais pour les sensibiliser à notre combat qui est celui de la sauvergarde de l'industrie en Moselle-Est».

Ils ont convergé des quatre coins de la ville vers la place de la mairie. Avec leur casque noirci par la poussière de charbon, leur tenue grise à bandes réfléchissantes mais aussi leurs slogans à la bouche. Vers 9 h 30, plus de 200 salariés de la cokerie de Carling étaient réunis devant l’hôtel de ville de Saint-Avold et ont commencé à filtrer le trafic routier sur le grand giratoire, afin de distribuer des tracts et de sensibiliser les Naboriens au danger qui les guette. Car la cokerie de Carling est clairement menacée de fermeture. Rachetée en 2004 par Rogesa, l’usine carlingeoise est devenue, de fait, la cokerie intégrée de ce grand groupe sidérurgiste allemand. Mais, en ces temps de crise, la demande en acier, et donc en coke pour faire tourner les hauts-fourneaux, est au plus bas. Alors Rogesa ne veut plus de son unité mosellane qui lui coûte de l’argent et ne lui sert à rien si ce n’est entasser des stocks de coke. «Le groupe allemand a annoncé son intention de céder notre usine au premier repreneur venu. La transaction doit être réalisée, au plus tard, d’ici trois mois. Passé ce délai, nous serions liquidés », expliquent les membres de l’intersyndicale CGT-CFDT-FO-CFE/CGC-CFTC.

Obtenir un délai

Trois mois ? C’est largement insuffisant pour trouver un acheteur solide. C’est, en tout cas, l’analyse lucide des personnels de Carling mais aussi de tous les observateurs de la vie économique. Bref, il faudrait un miracle pour y parvenir. Alors, passé l’immense coup de massue, les cokiers ont décidé de réagir en mettant tout en œuvre pour entamer le sauvetage de leur outil de travail. «Nous ne sommes pas venus pour provoquer la population ou le député maire de Saint-Avold. Nous sommes là pour les sensibiliser à notre combat qui est celui de la sauvegarde de l’industrie en Moselle-Est. L’industrie qui fait vivre un maximum de gens ici. Nous sommes là pour faire valoir notre droit de travailler, notre droit à l’emploi. Car si la cokerie disparaît, c’est 700 emplois directs, intérimaires et de sous-traitance qui sont en jeu », martèle Jean-Jacques Bour, porte-parole de l’intersyndicale. 

Une délégation a été reçue par le député maire de Saint-Avold André Wojciechowski. «On attend des actes maintenant. Mais nous sommes ressortis satisfaits de cette entrevue. L’objectif est, désormais, d’obtenir un délai supplémentaire de Rogesa dans toute prise de décision concernant la cokerie », dit Jean-Jacques Bour. En clair, la balle est dans le camp de l’actionnaire pour qu’il offre un peu plus temps à la cokerie pour s’en sortir. «Il faut étudier toutes les alternatives à la fermeture », poursuit le porte-parole de l’intersyndicale. Une cellule de crise pour l’emploi en Moselle-Est pourrait être créée avec l’appui du conseil général et du conseil régional. Un rendez-vous en préfecture est prévu. André Wojciechowski promet d’interpeller, dès le 11 juin, Luc Chatel, secrétaire d’Etat à l’Industrie, tout comme un conseiller du président de la République le 13 juin. Il propose même que des cokiers participent aux échanges à Paris. Une course contre-la-montre s’engage.

Stéphane Mazzucotelli.
Publié le 06/06/2009