SOCIAL SARREGUEMINES - CONTI A L'ARRET : PNEUS BRULES ET PROJET DE GREVE ILLIMITEE

Publié le 30/11/2009
Les salariés de Continental ont brûlé des pneus hier et déposé un préavis de grève illimitée. Ils refusent de « travailler gratuitement » 314 heures de plus par an pour les VSD, 135 h pour les équipes de semaine.
SOCIAL SARREGUEMINES - CONTI A L'ARRET : PNEUS BRULES ET PROJET DE GREVE ILLIMITEE
SOCIAL SARREGUEMINES - CONTI A L'ARRET : PNEUS BRULES ET PROJET DE GREVE ILLIMITEE
Les salariés de Continental ont brûlé des pneus hier et déposé un préavis de grève illimitée. Ils refusent de « travailler gratuitement » 314 heures de plus par an pour les VSD, 135 h pour les équipes de semaine.

Une colonne de fumée noire a assombri le ciel de la zone industrielle de Sarreguemines. «Menacer n’est pas négocier » ou «Travailler plus, gagner moins ! », proclament de grandes banderoles sur les grilles de l’usine Continental. Hier, les salariés postés en VSD (vendredi samedi dimanche) ont mis le feu à des pneus devant l’entrée : leurs collègues de l’équipe de nuit avaient déjà brûlé la plupart de leurs palettes samedi soir (lire notre édition d’hier). Leur bûcher rappelle celui qu’avaient édifié les employés de l’usine Continental de Clairoix, le 6 mai dernier, venus solliciter un geste de solidarité des Sarregueminois… qui étaient restés enfermés dans l’usine. Le site de Clairoix fermera début 2010. «Après Clairoix, Sarreguemines ? », lit-on aujourd’hui sur une affiche.

«C’est du chantage à l’emploi»
Le mouvement fait suite à une série de réunions initiées par la direction, sur la nouvelle organisation du travail pour 2010 et 2011. Les salariés en VSD ont été les premiers informés vendredi. Et les premiers à arrêter le travail. Les représentants des syndicats CGT, CFDT, CFTC et FO ont déposé hier un préavis de grève illimitée. «On sera là lundi à 5 h pour accueillir les gens de la semaine : on est dans le même bateau », annonce Alain Schneider, délégué CGT.
«Offrir gratuitement 314 heures»
«C’est du chantage à l’emploi », s’emporte un manifestant. Selon les salariés, la nouvelle organisation vise à réaliser une économie de 5 M€. «Ce n’est pas parce qu’on perd de l’argent ! Au contraire, on nous dit qu’on est les meilleurs en qualité. Mais la qualité, ça se paie ! », ponctue un de ses voisins. En échange de la promesse de ne pas licencier de CDI, d’attribuer un volume de production supplémentaire et de maintenir les salaires, la direction leur demande « de travailler en plus et d’offrir gratuitement, sans contrepartie », 314 heures par an pour les VSD («ça représente plus de deux mois de travail »), et 135 heures pour les travailleurs de la semaine («l’équivalent de 18 jours »). Pour ce faire, les premiers devraient renoncer à une demi-heure de pause par poste, travailler une dizaine de jours supplémentaires dans l’année, et tous les vendredis au lieu d’un sur deux actuellement. La majoration de 25 % du taux horaire du samedi disparaîtrait également. «C’est inacceptable », résume Richard Feisthauer, représentant CFDT.
Le projet de la direction s’appuie sur une comparaison avec le temps de travail et la production dans les usines allemandes de Korbach et Aix-la-Chapelle. «
Les Allemands ont peut-être renoncé à 3,3 % d’augmentation, mais ils gagnent 800 à 1 000 € de plus par mois », avance Alain Schneider. «Dans quelques années, on sera comparés aux Roumains : on va où ?», s’exclame un salarié. «C’est l’histoire du chien qui se mord la queue», résume Angelo Furnari, de la CFTC. «C’est vrai qu’on gagne bien à la Conti, mais ils ont converti tous nos acquis en temps de travail, poursuit-il. Ils proposent une prime à l’intéressement de 1 400 € maxi, mais avec des conditions inatteignables. Et de toute façon, avec les 314 h, on leur donne plus de 3 000 € !»
L’unité de Sarreguemines emploie environ 1 300 salariés, dont 230 en VSD. Contactée à plusieurs reprises, la direction n’a pas pu être jointe hier.
Estelle Fernandes.
Publié le 30/11/2009 - Sarreguemines