SOCIAL SARREGUEMINES : LA DIRECTION DE CONTI RENONCE

Publié le 01/12/2009
Les salariés de l'usine Continental de Sarreguemines ont repris leurs postes, hier matin, après l'abandon du projet de nouvelle organisation du travail.
SOCIAL SARREGUEMINES : LA DIRECTION DE CONTI RENONCE
SOCIAL SARREGUEMINES : LA DIRECTION DE CONTI RENONCE
Les salariés de l'usine Continental de Sarreguemines ont repris leurs postes, hier matin, après l'abandon du projet de nouvelle organisation du travail.

Pour trouver une issue au conflit social, le directeur de l’usine, François Gérard, a convoqué un comité d’établissement extraordinaire, hier matin.

Le 13 novembre, la direction du groupe Continental s’engageait sur la pérennité du site de Sarreguemines en prévoyant notamment de ne pas mettre en œuvre de plan de sauvegarde de l’emploi durant quatre ans ou encore d’augmenter la production de l’usine de pneumatiques. En échange de ces garanties : la mise en place d’une nouvelle organisation du travail pour les 1 300 salariés. C'est un aspect de cette réorganisation qui a mis le feu aux poudres, samedi.
La direction demandait aux salariés des équipes de semaine de travailler 135 heures supplémentaires par an et à celles du week-end d’en faire 314 de plus. Sans aucune contrepartie financière. D’où le coup de force des Conti. «
Il y avait beaucoup de colère parmi les salariés, car ils ont eu le sentiment d’être méprisés », explique Jean-Luc Niederlander, délégué syndical CFDT. Pour trouver une issue au conflit social, le directeur de l’usine, François Gérard, a convoqué un comité d’établissement extraordinaire, hier matin.

Opportunité contre dumping
Celui-ci a voté l’abandon pur et simple du projet de nouvelle organisation du travail. Une décision derrière laquelle se range la direction. Même si «cela nous fait renoncer à des garanties plus qu’agréables dans le contexte actuel. […] Ce projet était une réelle opportunité, qui n’est pas prête de se représenter », regrette Thierry Thomas, directeur des ressources humaines de l’usine.
«
Était-ce vraiment la seule alternative pour avoir de la production ? Il n’y aurait donc que le dumping social qui fonctionnerait pour continuer à produire ? Jusqu’où irait-on alors ?», s’insurge pour sa part Jean-Luc Niederlander, quand on lui rappelle les garanties qui se profilaient avec cette réorganisation.
Pour autant, selon Thierry Thomas, ce rejet du projet n’est pas synonyme d’avenir incertain pour l’usine de Sarreguemines, «
une entreprise où beaucoup de voyants sont au vert et qui a la confiance du groupe ». La direction semble néanmoins déterminer à rechercher davantage de compétitivité, avec ou sans cette réorganisation du travail.
P. Mi.
Publié le 01/12/2009 – France & Monde