SOCIAL spécialiste des batteries automobiles - Johnson Controls sacrifie 350 salariés à Sarreguemine

Publié le 08/05/2009
VB Autobatterie, filiale de Johnson Controls, a annoncé hier la fermeture de son site de Sarreguemines. Les 350 salariés de l'usine spécialisée dans la fabrication de batterie perdent leur emploi.
SOCIAL spécialiste des batteries automobiles - Johnson Controls sacrifie 350 salariés à Sarreguemine
SOCIAL spécialiste des batteries automobiles - Johnson Controls sacrifie 350 salariés à Sarreguemine
VB Autobatterie, filiale de Johnson Controls, a annoncé hier la fermeture de son site de Sarreguemines. Les 350 salariés de l'usine spécialisée dans la fabrication de batterie perdent leur emploi.

Chez les salariés, l'incompréhension est totale. «L’entreprise fait des bénéfices monstres, les actions montent en flèche et ils ferment Sarreguemines !», peste Philippe Beaugrand, secrétaire CFDT du CE.
Chez les salariés, l'incompréhension est totale. «L’entreprise fait des bénéfices monstres, les actions montent en flèche et ils ferment Sarreguemines !», peste Philippe Beaugrand, secrétaire CFDT du CE.
 

350 emplois supprimés. L’annonce a été faite, hier, par les dirigeants de l’entreprise Johnson Controls, à Sarreguemines.

LE FAIT DU JOUR

Lors d’un comité d’entreprise extraordinaire, ils ont expliqué leur projet de «reconversion de l’usine ». S’exprimant par communiqué, le groupe explique que «l’entrepôt», c’est-à-dire le site actuel de Sarreguemines fort de 350 employés doit devenir «un centre de distribution européen de batteries primordial», avec seulement 65 salariés. Il comprendrait «un centre de remplissage, de formation et de finition pour les batteries automobiles». Un projet «motivé par la nécessité de contribuer à la sauvegarde de la compétitivité du groupe VB, filiale de Johnson Controls, qui a été affecté par la baisse dramatique de la demande de batteries standard au plomb acide.» Dans l’usine, la nouvelle fait l’effet d’une gifle. A la fin du poste, la plupart des salariés sont rentrés chez eux. La direction leur a donné congé, leur demandant de revenir lundi pour reprendre le travail. Une poignée a néanmoins décidé de bloquer l’accès au site, empêchant les camions de sortir la marchandise fabriquée avec leur sueur.

Promesses… tenues

«L’entreprise fait des bénéfices monstres, les actions montent en flèche et ils ferment Sarreguemines ! », peste Philippe Beaugrand, secrétaire CFDT du CE. Et ceci seulement quelques mois après avoir fermé l’usine de Rouen, qui comptait 320 salariés. L’incompréhension est totale. «On nous a rachetés en 2005, en promettant la pérennité de l’emploi pendant trois ans. » A l’époque, l’entreprise s’appelait Delphi et venait de fêter ses 25 ans d’existence à Sarreguemines. La promesse est tenue : trois ans ont passé et on met la clé sous la porte… Dans, le futur et d’après Johnson Controls, 65 salariés seulement travailleront sur le site reconverti en plateforme logistique, et sans le moindre engagement que ces 65 là seront issus des 350 sacrifiés d’aujourd’hui. «Il existe une plateforme du côté de Thionville, explique un salarié. Johnson y est en location. Tout sera transféré à Sarreguemines. » Y compris le personnel ? C’est la question. «Que Sarkozy nous dise où on peut travailler plus pour gagner plus ! » Un collègue analyse : «Même si on vend moins de voitures neuves, le vieillissement du parc automobile implique un besoin en batteries. Ou alors il faudra rouler à vélo. » Elles seront produites en Allemagne. Pourtant, il y a six mois, la direction annonçait 70 M€ d’investissement pour la mise en place de la production de batteries Start and Go, assurant la pérennité de l’entreprise. Une idée jetée aux oubliettes.

Négocier

Pour Philippe Beaugrand, «il nous reste à négocier au maximum, pour obtenir des conditions décentes de départ… » Et d’ajouter : «Chaque mois passé sera un mois de payé. Les dirigeants auraient voulu qu’on signe tout de suite, mais il n’en est pas question. » Gilles Hemmerling, président de la CFE-CGC métallurgie Lorraine, est plus vindicatif. «Il y a des entreprises qui tentent de faire des choses, même du chômage partiel, pour tenir pendant la crise. Là, on en profite pour mettre la clé sous la porte. » 65 personnes seront embauchées, «dans une nouvelle entité, avec de nouveaux contrats au rabais ». Et d’ajouter : «Tout était déjà prévu depuis le rachat. Ces gens-là n’ont aucun état d’âme, juste la volonté d’avoir le monopole. »
Céleste Lett, député-maire de Sarreguemines, n’a pas souhaité commenter l’annonce. Le 14 mai, la direction doit soumettre aux syndicats les modalités du plan social. «Nous allons leur montrer qu’on ne veut pas mourir comme ça ! », conclut Gilles Hemmerling.

M. L.
Publié le 08/05/2009 (France et Monde)