SOCIAL TRIBUNAL DE SARREGUEMINES - Johnson : les documents enfin remis au comité d'entreprise

Publié le 08/07/2009
Le comité d'entreprise de Johnson a introduit une procédure en référé devant le tribunal de Sarreguemines contre la direction. Objectif : connaître le plan social et de sauvegarde de l'emploi. Hier, le dossier a été remis par la direction. Prochain rendez-vous devant la justice le 21 juillet.
SOCIAL TRIBUNAL DE SARREGUEMINES - Johnson : les documents enfin remis au comité d'entreprise
SOCIAL TRIBUNAL DE SARREGUEMINES - Johnson : les documents enfin remis au comité d'entreprise
Le comité d'entreprise de Johnson a introduit une procédure en référé devant le tribunal de Sarreguemines contre la direction. Objectif : connaître le plan social et de sauvegarde de l'emploi. Hier, le dossier a été remis par la direction. Prochain rendez-vous devant la justice le 21 juillet.

A l'issue de l'audience qui a duré moins de trois minutes, Philippe Beaugrand (CFDT) s'exprime sur les marches du Palais de justice.
A l'issue de l'audience qui a duré moins de trois minutes, Philippe Beaugrand (CFDT) s'exprime sur les marches du Palais de justice.

Le 7 mai dernier, la direction de Johnson Controls annonçait la fermeture de l’usine de Sarreguemines et la suppression de 365 postes de travail. Depuis, les syndicats, le comité d’entreprise et l’ensemble du personnel luttent pour sauver leurs emplois, le site et un outil de production «qui a toujours été bénéficiaire », rapporte un salarié. En deux mois, les 'Johnson' comme on les appelle désormais par référence aux 'Conti', ont multiplié les initiatives : manifestation en ville, rendez-vous chez Devedjian avec les députés Lett et Filippetti, réunions du comité d’entreprise, blocage de l’usine, accès du site Géodis bloqué à Thionville, entretiens avec la sous-préfète (encore hier matin)…

Coup de théâtre

N’obtenant pas la communication du business plan (plan de développement de la direction), le comité d’entreprise a saisi la justice et confié la défense de ses intérêts à Me Laurent Paté. Deux procédures ont été déposées au tribunal de Sarreguemines : l’une en référé, «pour obtenir les documents économiques nécessaires » ; l’autre sur le fond, «pour faire suspendre, voire annuler le plan social ». Hier, lors d’une audience devant le TGI de Sarreguemines, un référé devait être rendu mais la décision a été renvoyée au 21 juillet à 14 h 30. Premier coup de théâtre : par le biais de son avocat, la direction de Johnson a fait remettre à celui du comité d’entreprise un épais dossier comportant les documents réclamés depuis des semaines. «Pour examiner ces pièces, nous avons demandé un délai », a déclaré Me Paté à la sortie de l’audience.

«Mensonge»

Philippe Beaugrand (CFDT), accuse la direction «de mensonge. Ils ont toujours dit qu’ils n’avaient pas de business plan alors qu’aujourd’hui, ils viennent de nous le remettre. Ils ont déjà fait pareil à Rouen. Maintenant, on va avoir des réponses : quand ils ont pris la décision de fermer Sarreguemines et leurs motivations, à quelle date ils veulent fermer, quelle alternative ou offre de reprise ils proposent. Un business plan trace l’avenir d’une société ». Le syndicaliste évoque aussi un sujet sensible : la dépollution du site. «Ils annoncent la création d’une plateforme logistique avec 60 salariés. Nous, on pense qu’ils font cette proposition pour ne pas financer le coût de la dépollution, qu’ils vont garder la plateforme un ou deux ans avant de la vendre. Mais aucun repreneur ne pourra financer les frais de dépollution ».

«Rentable et viable »

Remonté, et ne décolérant pas, Philippe Beaugrand reste persuadé que l’usine JCI de Sarreguemines peut continuer à fonctionner avec un outil de travail performant et des salariés ayant un réel savoir-faire. «Pour nous, Johnson est une entreprise viable qui a toujours fait des bénéfices. Nous, on veut de l’emploi. Une prime, c’est bien beau mais pour aller travailler où ? D’ailleurs, ils font tourner les cinq autres sites en Europe en heures supplémentaires. C’est la preuve que le produit marche mais ils ont vraiment décidé de nous sacrifier. L’argument économique lié à la crise ne tient pas. Ce sont des menteurs ! On va continuer à se battre ». Ce jeudi, la direction rencontrera Josette Michel, sous-préfète de Sarreguemines. Prochain rendez-vous devant la justice le 21 juillet.

F.S.
Publié le 08/07/2009 (Sarreguemines)