SOCIAL ZONE DE HENRIVILLE : VOIT FRANCE EN GREVE

Publié le 10/07/2009 (mis à jour le 11/07/2009)
Mercredi et jeudi, les 150 salariés de Voit France ont fait grève. Le directeur allemand du groupe leur a en effet annoncé la fermeture de l'usine d'Henriville pour la fin de l'année. Un reclassement sur le site de la maison-mère, à Sankt-Ingbert, est proposé. Mais cette solution ne séduit pas le personnel.
SOCIAL ZONE DE HENRIVILLE : VOIT FRANCE EN GREVE
SOCIAL ZONE DE HENRIVILLE : VOIT FRANCE EN GREVE
Mercredi et jeudi, les 150 salariés de Voit France ont fait grève. Le directeur allemand du groupe leur a en effet annoncé la fermeture de l'usine d'Henriville pour la fin de l'année. Un reclassement sur le site de la maison-mère, à Sankt-Ingbert, est proposé. Mais cette solution ne séduit pas le personnel.


Hier, le personnel de Voit France a installé un piquet de grève à l’entrée de l’usine sur la zone de Henriville.

Comme un coup de massue. «Même si depuis un an on sentait bien que ça coinçait, on ne s’attendait pas à une telle mesure », confie un salarié. Mercredi, lors d’une réunion du comité d’entreprise, le directeur leur a annoncé la fermeture de l’usine pour le 31 décembre 2009. Basée sur la zone d’Henriville depuis 1998, la société Voit France produit des pièces embouties et de fonderie destinées à l’automobile. La raison invoquée : le site ne serait plus rentable financièrement. «La direction veut tout transférer, machines, outils et personnel, à Sankt-Ingbert », indique Gilles Weibel, de la CFDT. Une délocalisation sur le site de la maison-mère, derrière Sarrebruck, qui ne convient pas aux 150 salariés. «Le comité d’entreprise s’est opposé à ce transfert
Mercredi à 14 h, l’ensemble du personnel s’est donc mis en grève, jusqu’à hier, 14 h. «
Nous avons juste installé un piquet devant les grilles de l’entreprise », poursuit le syndicaliste. L’accès à Voit France n’est pas barré. «En revanche, nous bloquons les camions qui partent pour livrer des pièces.» Hier, le mouvement était calme. Le feu avait été mis à quelques palettes et des banderoles ont été accrochées aux grilles : 'Non à la fermeture du site', 'Non à la délocalisation', 'Promesses non tenues'.
En début d’après-midi, le personnel a, comme prévu, repris le travail. Des réunions de concertation étaient programmées. «
Nous, nous souhaitons poursuivre l’activité ici ; nous ne voulons pas partir en Allemagne », indique un employé. «Surtout que nous n’avons aucune garantie sur la pérennité de nos emplois. Apparemment c’est tout le groupe qui a des difficultés », confie un autre ouvrier. Lutter pour le maintien à Henriville ou accepter la délocalisation, les deux éventualités ont été soumises au vote. Le résultat est sans appel : seulement 10 % des salariés acceptent d’aller travailler en Sarre. «Nous allons à nouveau nous concerter. L’objectif est de proposer des solutions crédibles pour maintenir la production ici.» Une rencontre avec le directeur est programmée pour mercredi prochain. «On espère pouvoir le faire revenir sur sa décision, en lui prouvant que l’usine est viable

«Rester sur le site»
Depuis plusieurs mois, le personnel a le sentiment d’être «mené en bateau, alors même qu’il y avait des signes avant-coureurs de difficultés.» Ainsi, en novembre, la cadence de production de l’usine avait enregistré une chute ponctuelle de 20 à 30 %. L’activité fonderie avait même été majoritairement transférée sur le site sarrois. Et la main-d’œuvre était passée de 250 à 150 salariés. «Tous les CDD et intérimaires n’ont pas été reconduits.» Il y a trois semaines, le CE a donc levé le droit d’alerte. Un premier débrayage d’une heure avait marqué le mécontentement des salariés le 19 juin. A la suite de ce mouvement, des questions sur la situation économique et financière du groupe, sur la stratégie commerciale et sur l’avenir du site d’Henriville avaient été posées à la direction. Dont la réponse-couperet a été d’annoncer la fermeture de l’usine. «Pourtant, nous sommes persuadés que la production est viable sur le site.» Laurent Kleinhentz était présent aux côtés des manifestants. «On doit se battre pour conserver nos emplois », assure le conseiller général de Freyming-Merlebach. «Quand je vois que nos entreprises subissent la crise et que dans le même temps on refuse des implantations commerciales génératrices d’emplois, je me dis qu’on marche sur la tête, alors même que le Bassin houiller détient le triste record du taux de chômage le plus élevé », s’insurge le maire de Farébersviller, faisant allusion au 'Non' émis par la Commission nationale des activités commerciale concernant le projet Grand Fare.

Bertrand Baud. 
Publié le 10/07/2009 (Forbach - Saint-Avold-Sarreguemines)